if>0 SCAKRON (PAUL).
son Gargantua, son Pantagruel. Le Typhon de Scarron
A qui cent bras longs comme gaulesSortaient de deux seules épaules;
ses frères Mimas, Encelade et autres
Qui certes ne lui cédoient guèreTant à déraciner les montsQu’à passer rivières sans ponts,
Mettre les plus hautes montagnesAu niveau des plates campagnes,
Et de grands pins faire bâtonsQui n’étaient encore assez longs i :
tous les détails des hauts faits de cette race de géantsn’offrent rien qui n’eût été dès longtemps surpassé parles héros de Rabelais, ceux de la Gigantea * et de plu-sieurs autres ouvrages dans le même genre. Mais unenouvelle manière défaire agir ces bizarres personnagess’est présentée à l’imagination originale de Scarron; sielle ne convient pas au sujet qu’il a choisi par imita-tion, elle lui appartient en propre; elle tient au tourparticulier d’un esprit qui ne peut voir les choses quesous un certain point de vue, et ne sait les rendre quecomme il les voit. Après avoir décrit ces monstrueuxenfants de la terre, à quoi Scarron va-t-il les employer?Quel motif va les soulever contre les Dieux et allumer
1 Typhon , chant I, t. IV, p. 3 el A.
2 Poème burlesque italien, du seizième siècle; voyez VHistoire lit-téraire d’Italie, par M. Ginguené ; t- V,p. 561.