SCARRON (PAUL).
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« du blanc, une y va *, » On peut travestir en millefaçons ce qu’on ne vêtirait convenablement que d’uneseule : il pourra donc y avoir autant de sortes de bur-lesque qu’il y aura de tournures d’esprit et d’imagina-tion qui s’appliqueront à ce genre de production. Ainsile burlesque de Scarron n’est nullement celui de Rabe-lais, et il ne faut pas chercher ce que l’un ou l’autreont pu devoir aux poètes burlesques italiens leurscontemporains ou leurs devanciers, car ce qu’ils enauraient emprunté serait précisément ce qui ne vau-drait pas la peine d’être remarqué dans leurs ouvrages,dont le piquant ne peut consister que dans l’originalitétout à fait imprévue. Rabelais dut sans doute à desmodèles l’idée du gigantesque sujet de son ouvrage,et c'est ce qui nous importe fort peu; ce sujet fût-il en-tièrement de son invention, avec ce seul mérite Rabelaisn’en serait pas moins aujourd’hui entièrementinconnu.Mais le sujet une fois donné, la manière dont Rabelaisl’a considéré, ce qu’il en a su tirer, l’espèce de véritérelative qu’il a su donner aux détails d’un tableau fan-tastique, voilà ce qui tient à la nature propre de sonimagination, ce qui constitue l’originalité et l’agré-ment de son ouvrage.
Le sujet de Typhon appartient encore moins à Scarronque n’appartiennent à Rabelais son Grand- Gousier,
* Essais, 1.1, ch. 9. des Menteurs.