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Corneille et son temps : étude littéraire / par M. Guizot
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408 SCARRON (PAUL).

aucune résistance il s’étendra ensuite sur l’humeurd’Énée,

Jurant en chartier embourbé,

et sur la politesse avec laquelle la Sibylle lui présentela main pour le relever. Ses peintures, par les détailsdont il les compose, auront toujours une sorte de véritétriviale, propre à rendre plus sensible et plus piquantel’application qu’il en fait à des objets relevés. Mais cellevérité ne sera pas toujours bien intéressante ; ces détailsne seront pas toujours dignes d'arrêter l’attention, oucapables d’exciter le rire. Scarron nous apprendra,par exemple, qu’Énée voulant honorer de quelquescoups d’encensoir l’ombre de son père qui l’est venuvisiter, fait tout chcoir par malheur,

El remplit sa chambre de braise,

Ayant donné contre une chaise 2 ;

. circonstance qui peut ne pas manquer de vérité, maisqtp n’a rien de plaisant. Et les circonstances de ce genrene seront pas rares dans les ouvrages de Scarron ; il nerepoussera jamais les détails insignifiants qui pourrontse présenter à son esprit ; il délaiera sans mesure desréflexions sans sel, dans une série de vers sans couleur,plus prosaïques, si l’on peut le dire, qu’il ne seraitpermis à la prose de l’être. Des expressions plus souventtriviales qu’originales frapperont, par leur contraste

1 Virg. trav. L. VI, t. V, p. 117.

*lbid. L. V, t. V, p. 71.