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Corneille et son temps : étude littéraire / par M. Guizot
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SCARRON (PAUL). 469

avec l’objet qu’elles rappellent, plutôt que par leurconvenance avec l’image que le poëte veut rendre;enfinsa gaieté, rarement indécente , rappellera tropsouvent cette polissonnerie d’écolier inaccessible audégoût et qui ne s’embarrasse jamais de celui qu’ellepeut causer. De là vient que le Virgile travesti, dontquelques endroits méritent d’être cités comme modèlesd’une gaieté vraiment originale, ne peut être lu unquart d’heure de suite, et que tout ce qui en reste dansla mémoire se borne à quelques vers et à l’idée d’unebouffonnerie plus souvent fatigante qu’amusante.

Il n’en est pas ainsi du Roman Comique. « Le Roman« Comique de Scarron, -dit Segrais, n’a pas un objet« relevé, je le lui ai dit à lui-même; il s’amuse à criti-« quer les actions de quelques comédiens, cela est trop« bas 1 .» On ignore ce que répondit Scarron; proba-blement il défendit son ouvrage, et probablementencore ce ne fut pas par les meilleures raisons; ce sontrarement celles-là que trouve un auteur. Il en a itcependant d’excellentes à donner, mais Segrais n’étaitpeut-être pas capable de les entendre; à cette époqueoù la critique n’existait pas encore, où nulle règle degoût n’avait encore été solidement établie parla raison,véritable fondement du goût, chacun jugeait selon latournure de son esprit, et rejetait absolument ce qu’il

i Srgraimna, p. -194.