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Nouveau manuel complet et méthodique des aspirants au baccalauréat ès-lettres : rédigé d'après le programme du 14 juillet 1840 / par Em. Lefranc
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AVERTISSEMENT

Ce Manuel, entièrement, rédigé d'après le Programme dei8$o, est Je fruit de longues veilles : il est aussi le résultatd’une longue expérience. J’ai assisté à beaucoup d’examens,et j’y ai remarqué qu’en général la réponse de l’Aspirant dé-pend de deux choses , de la manière dont la question lui estfaile, et des livres où il en a étudié la solution. Sous le rapportdes questions, le nouveau Programme laisse peu à désirer, etd’ailleurs, les lumières de MM. les .Examinateurs suppléent hce qu’il pourrait y avoir de défectueux. Ija première difficulté setrouve ainsi levée. Quant h. la seconde, voici ce que j’en pense. Ilnie semble que Les premiers mots de la réponse doivent toujoursêtre fournis par la question elle-même. Lorsqu’il existe entre ellesun accord constant, l’énoncé de l’une réveille le souvenir de l’autre;l’analogie, ce puissant aiguillon delà mémoire, ramène sous l’œilde l’esprit les idées successives de détail, et les mots arrivent alorscomme d’eux-mêmes pour l’énonciation de la pensée. La repro-duction des ternies de la question du Programme dans la ré-ponse du Manuel, ne peutdoncêtre pour le Candidat qu’un heureuxmoyen de mnémonique. En second lieu, la réponse du Manuel doitetre faite en des termes aussi simples que la question du Progra mme.Les mots recherchés, sonores ou brillants, qui peuvent convenir àl’homme qui écrit pourplaire, ne conviennent pas h l’Aspirant quiétudie pour répondre. Les prétendues élégances de style nuisenttoujours à la netteté des souvenirs ; on ne retient pas les phrasesambitieuses, les tours périodiques, ou si la mémoire en conservequelques lambeaux, lorsqu’arrive le moment de répondre, le bonsens et je ne sais quelle bonne honte rejettent tous ces artifices del’écrivain, pour en revenir au langage naturel. Un Manuel de ré-ponses, pour être bon, ne contiendra donc rien qui doive être•oublié dans le moment décisif: il faut que l’auteur parle dans sonlivre comme l’élève parle lui-même à l’examen , c’est-à dire sim-plement et sans prétention. C’est la simplicité qui contente sur-tout les bons esprits, et elle ne peut que plaire aux Examinateurs.En troisième lieu, et ecci n’est qu’une conséquence de ce quiprécède, il faut que le Manuel élague de la réponse tout mot in-utile : il doit la donner claire, précise, aussi succincte que pos-sible, et toujours avec le mot propre, qui est souvent le contrairede ce qu’on appelle le mot élégant. Le mot propre et Vidée satiennent par des rapports intimes , et. l’on est sur de les retrou-ver l’un par l’autre, lorsqu’on a pris"l’habitude de les unir, 'belle