HISTOIRE ANCIENNE. II. 171
Pcrsique; le commerce avec Babylone, par Palmyre, et de làmais indirectement, par la Perse, jusqu’à la Chine; le com-merce avec l’Arménie et les pays limitrophes pour les esclaves,les chevaux, les vases de cuivre, etc.
Non moins industrieux qu’entreprenants, les Phéniciens ontinventé les voiles des vaisseaux, l’art de fondre le verre, detravailler les métaux, de dresser des comptes et de tenir desregistres, les mesures et les poids, les tissus, et, sans compterbeaucoup d’autres découvertes utiles, la teinture en pourpre,dont ils tiraient de si grandes richesses. Le hasard, qui du resten’est profitable qu’aux esprits inventifs , leur procura cette pré-cieuse teinture. Un chien de berger, pressé par la faim, briseun coquillage marin, il en a la gueule teinte ; cette couleur pa-raît admirable. On trouve moyen de l’extraire de coquillages dela même espèce et de l’appliquer aux étoffes ; la pourpre est bien-tôt l’ornement des rois 1 .
On doit aux Phéniciens l’invention de l’écriture, art sublimequi seul pouvait dissiper l’ignorance du genre humain. Caduiusporta l’écrituro en Grèce :
C’est de lui que nous vient cet art ingénieuxDe peindrç la parole et de parler aux yeux ;
Et, par les traits divers de figures tracées,
Donner de la couleur et du corps aux pensées.
Malgré leurs lumières, les Phéniciens tombèrent dans d’hor-ribles superstitions, s’il est vrai qu'ils aient sacrifié des victimeshumaines à leurs divinités, sacrifices exécrables qu’on retrouveà Carthage , l’une de leurs colonies.
1. Les rois de Phénicie s’en attribuèrent exclusivement l’u-sage. Les Romains , à leur exemple, la réservèrent pour les per-sonnages revêtus de la dignité impériale : de sorte que l’expres-sion prendre la pourpre devint synonyme de se faire proclamerempereur.