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Nouveau manuel complet et méthodique des aspirants au baccalauréat ès-lettres : rédigé d'après le programme du 14 juillet 1840 / par Em. Lefranc
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HISTOIRE ANCIENNE* U. i83

la suite la première de l’État. Telle est la première partie de lalégislation de Lycurgue.

Trois choses en caractérisent la seconde : 1° l’égal partage,entre tous les citoyens, des biens, des plaisirs et des peines;2° la substitution de sentiments plus ou moins factices aux. sen-timents de la nature ; 3° la nécessité de la force corporelle etdu courage guerrier.

Nul Spartiate ne pouvait ni vendre ni aliéner la part qu’ilavait reçue. Les monnaies d’or et d’argent furent proscritespour d’autres en fer très-pesantes. Tout, jusqu’aux aliments,fut réglé par une loi spéciale. Les repas étaient publics et com-muns à tous. Tout nouveau-né contrefait était mis à mort, commedevant être inutile à l’Etat. De sept à vingt ans, des maîtres piwblics exerçaient les enfants au travail, à la patience, à l’obéis-sance la plus prompte. La jeunesse, sans en excepter les filles ,était soumise à des exercices vigoureux. On était soldat jusqu'àsoixante ans, et même au delà, dans les cas d’invasion, l a pre-mière loi de la guerre était de ne jamais prendre la fuite , de ngjamais quitter son poste ni ses armes, de vaincre ou de mourir,De là vient l’héroïsme tant vanté des Spartiates.

Lycurgue, pour assurer la durée de ses lois, déclara qu’ilallait consulter l’oracle de IVlphes sur leur mérite, et fit jurerau peuple qu’on n’y changerait rien avant son retour. Il sortitalors de Sparte, et n’y rentra jamais.

Le courage exclusif que les lois de Lycurgue inspiraient auxSpartiates, les rendit ambitieux, injustes et cruels ; témoin lesguerres de Mcssénie#

3. Guerres de Messékie : première guerre (ç44 _ 7 2 - ; l)‘ EaMcssénie, pays fertile à côté du soi ingrat des Laconie ns, excita debonne heure la convoitise de Sparte. Sous prétexte de vengerune injure particulière, les Spartiates prennent violemment lesarmes et jurent de ne rentrer dans leurs foyers qu’après la sou-mission complète des ennemis. Après deux échecs successifs,suivis de la peste, Aristodème, l’un des chefs messéniens, im-mole sa fille pour obéir à l’oracle de Delphes. Sa valeur l’élèvea la royauté, qu’il défend cinq ans avec succès, mais aveccruauté, sur le mont îtliôme. Un nouvel oracle demande unenouvelle victime ; Aristodème se perce de son épée sur le ton»-