HISTOIRE ANCIENNE. 19. 197
et pavait sur les bonis du Granique. Cent mille Perses , sous lesordres de Memnon de Rhodes, le meilleur général de Darius/lui disputent le passage du fleuve. Alexandre le traverse, tuevingt mille ennemis, et l’Asie Mineure devient le fruit de cettepremière victoire. Il s’annonce partout non comme conquérant,mais comme libérateur; la Phrygie l’arrête un instant pour l’ac-complissemcnt d’un oracle. On lui présente h Gordium le nœudprophétique à la solution duquel était attachée la possession del’empire asiatique ; il essaie, mais en vain , de le dénouer, et dede son glaive tranche la difficulté.
Cependant Memnon avait déterminé Darius à porter la guerreen Macédoine ; mais il périt, en passant, au siège de Mytilène,et avec lui périt le seul projet capable de faire échouer l’entre-prise d’Alexandre.
Débarrassé d’un ennemi si redoutable, Alexandre parcourten vainqueur l’empire des Perses, se baigne dans les eaux froidesdu Cydnus, manque de succomber, et croit, sur sa tête, Ma vertudeson médecin Philippe. CependantDarius s’avance à la rencontredu conquérant, h la tête de six cent mille soldats ; Alexandrele joint dans les plaines d’issus , lui tue cent mille hommes, etlui prend toute sa famille. 11 s’empare , h Damas, des immensestrésors de Darius, donne aux Sidoniens pour roi le généreuxAbdolonyme qui se refusait à cet honneur, se rend maître deTyr après un siège de sept mois aussi merveilleux que la défense,se prosterne h Jérusalem devant le nom du vrai Dieu qui solisait sur les ornements du grand-prêtre Jaddus, saccageGaza , et, si l’on en croit le décîamateur Quinte-Curce, parodieAchille, en faisant traîner trois fois autour des murs le fidèleBétis, qui l’avait courageusement défendue. De Ih, passant enEgypte, il sacrifie, dans Memphis, aux divinités du pays , jetteles fondements d’Alexandrie , qui devait être le lien commercialdes trois parties du monde 1 (33 1 ), et va se faire proclamer,dans la Libye, fils de Jupiter Hammon, moins peut-être poursatisfaire un vain orgueil, que pour frapper l’esprit superstitieuxdes peuples et des soldats par quelque chose de surnaturel.
1 . Elle le fut en effet pendaul dix-huit siècles, c’est-à-dire jus-qu’à l’époque où fut doublé le cap de Bonne-Espérance
* 17