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Nouveau manuel complet et méthodique des aspirants au baccalauréat ès-lettres : rédigé d'après le programme du 14 juillet 1840 / par Em. Lefranc
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HISTOIRE ANCIENNE. 19. (99

Ici se placent, dans la vie d’Alexandre, les meurtres problé-matiques 1 de son ami Clitus, qu’il tua de sa propre main, etdu philosophe Callisthène , qu’il impliqua dans le complotd’Hermolaüs. Le conquérant part ensuite pour l’Inde, reçoit,au delà de lTndus, l’hommage et les présents du roi Taxile ,défait le lier Porus et le traite en roi (3 27 ), arrive h l’Hyphase ets’apprête à le traverser pour pousser jusqu’au Gange, et, s’il sepeut, atteindre les limites orientales de la terre; mais lesplaintes, les murmures et les larmes de ses soldats, l’obligentde s’arrêter dans ce projet aussi grand qu’utile. Il ramène sonarmée vers l’hfydaspe , y fait construire une flotte, descend cetterivière jusqu’à l’Indus, triomphe sur sa route des valeureuxMaliens, assiège la ville des Oxydraques, monte le premier àl’assaut, manque d'y périr dans l’effort d’un courage impru-dent, arrive à l’Océan, et reprend par terre (p. 33) le chemin deBabylone (325).

Néarque, son amiral, reçoit l’ordre de l’y joindre par nier(p. 34), afin de reconnaître les côtes depuis l’Indus jusqu’au fonddu golfe Persique. Alexandre traverse le pays des Horites, la fertileGédrosie, la Carmanie, si fameuse dans le roman de Quinte-Curce , qui représente l’arniée macédonienne comme une troupede bacchants, épouse à Suse, Statira, fille aînée de Darius,comble ses soldats de largesses et paie toutes leurs dettes, in-corpore à ses troupes trente mille Barbares disciplinés à l’euro-péenne, va visiter Ecbatane, 011 périt Héphestion, cet autreAlexandre, et, malgré les sinistres prophéties des mages et desdevins de la Chaldée , revient à Babylone, y reçoit les ambassa-deurs de presque toutes les nations du monde, roule dans satète d’immenses projets, le tour de l’Afrique, la conquête del’Arabie, l’asservissement de l'Europe entière, en un mot lafondation d’une monarchie universelle dont Alexandrie serala capitale, et, dans un dernier repas, signal du départ, il

1 . Nous disons problématiques, tant K cause de leur atrocecruauté que du silence des historiens persans sur ce meurtre, demême que sur tous les autres actes de débauche, d'orgueil et debarbarie, dont les Grecs et les Latins , leurs copistes, ont chargéla mémoire d’Alexandre.