HISTOIRE ROMAINE. 30 . a 5 7
A la mort d’Hamilcar et d’Hasdrubal , Hannibal, fils du pre-mier, fut élu, par le crédit de la faction Barcine, ge'néralissimedes armees carthaginoises. La haine qu’il a jurée , jeune encore ,aux Romains % l’amour de la gloire, ce besoin du génie qui nevit que d’action , tout le pousse à rompre le traite'. Il vole à Sa-gonte, que ni le courage de ses habitants ni deux ambassadesromaines ne peuvent sauver d’une entière destruction ; de là,plein du projet de transporter en Italie le théâtre de la guerre,il passe l’Ebre elles Pyrénées, arrive au Rhône à travers centnations ennemies, qu’il dompte en courant, traverse en quinzejours les Alpes (le mont Cenis), apres des peines et des périlsinfinis , pénètre dans la Gaule cisalpine, y grossit son armée desGaulois, qu’il flatte de l’espoir de la liberté , et gagne sur Corn.Scipion la bataille du Tésin, et sur Sempronius, que son col-lègue a rejoint, celle de la Trébie (218). Il franchit ensuite lesApennins , comme il a franchi les Alpes, traverse, avec degrandes pertes , les marais de Clusium, où il perd un oeil, ettaille en pièces l’inhabile Flaminius , près du lac Trasimène(217). Le sénat consterné nomme d’office un prodictateur,Q. Fabius Maximus , qui, par ses prudentes lenteurs et malgréla fougue de Minucius , son général de cavalerie, consume lesressources d’Hannibal. Le Carthaginois avait besoin de com-battre pour se soutenir. L’inconstance de la faveur populaire lesert à souhait ; elle lui jette le téméraire Varron, fils d’unboucher, dont il écrase les légions à Cannes (216). Trois bois-seaux de bagues , arrachées aux doigts des chevaliers , vont at-tester ce triomphe à Carthage. S’il ne marche pas sur Rome , c’estqu’il la connaît; il sait que la consternation d’un peuple bel-liqueux se tourne presque toujours en courage. Rome en effet setrouve en état d’envoyer partout des secours. 11 préfère s’emparerde Capoue, par laquelle il s’assure l’Italie méridionale, la Si-cile et ses communications avec Carthage ; mais la faction con-traire auxBarca va lui faire perdre tout le fruit de ses exploits.
Revers d’Havnibal (216-207). Rome grandit et se multiplie
t. Il n’avait que neuf ans, lorsque son père I/amilcar lui fitprêter le serment, sur l’autel où -m* * trouvaient les entrailles desvictimes , de se déclarer l’implacable ennemi des Romains.
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