HISTOIRE ROMAINE. 48. 3^;
les Perses, demanda à Julien une partie de ses troupes pour laguerre d’Orient. Les soldais, sourdement excites par Julien , leproclamèrent empereur à Imtèce (36o). Julien prit le diadème,le déshonora sur-le-champ par une apostasie publique et,n’attendanl plus rien de Constance , il s’avança jusqu’en IRyriecontre son parent, son souverain , son bienfaiteur (36i). L’em-pereur marcha contre l’ingrat César; mais il mourut en route,désignant pour son successeur celui-là même qui venait le com-battre.
Julien et Jovien (36i- 364). Julien l’Apostat, à peine maîtrede l’empire, projeta d’y rétablir le paganisme. Tout ce que lahaine peut inventer d'artificieux ou de cruel, dérisions, libelles,apostasies achetées, vexations indirectes, persécutions ouvertes ,il l’employa pour venger scs dieux. 11 tenta même de relever letemple de Jérusalem. Déchu dans son espoir, il ne se proposarien moins que de subjuguer toute la Perse, et de courir, commeun autre Alexandre, jusqu’aux Indes; mais, arrivé sur l’Eu-phrate, il se laissa tromper par un faux transfuge, vainquità Maroïiga Sapor II, et, dans une seconde rencontre, reçut uneblessure mortelle. 11 expira, dit-on, en s'écriant : Tu as vaincu ,Galiiéen 2 (363). De tous les ouvrages que nous a laissés Ju-lien , le plus célèbre est la Satire des Césars ou le Banquet,dans lequel il critique tout, depuis Marc-Aurèle, son modèle,jusqu’à Constantin , son parent.
Julien avait refusé de désigner son successeur. L’armée, vic-torieuse, mais engagée dans des déserts arides, proclama leduc Jovien, qui n’accepta le trône qu’à la condition qu’elle re-viendrait au christianisme. Pour sauver les troupes, Jovien cédacinq provinces aux Perses et mourut avant d’arriver à Constanti-nople (364)*
"Valentinien I er et Valens (364-3 i ; 8). Valentinien I er , élupar les suffrages unanimes de l’armée, s’associa son frère Va-
i. Julien avait étudié à Athènes sous le philosophe Maxime.11 portait le manteau de philosophe , la barbe longue , et aflèctaitune austérité presque cynique.
’ 2 . C’est le nom qu’il avait l’habitude de donner à J.-C. et auxchrétiens.