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paît, les Fatimites tremblaient derrière les remparts de Da-miette et du Kaire. Ils s’adressèrent, comme les Grecs, auxprinces de l’Occident. Alexis Comnène était déjà lié avec lecomte de Flandre, qu’il avait accueilli magnifiquement à sonpassage ; ses ambassadeurs célébraient, avec le génie hâbleur desGrecs, les richesses de l’Orient, les empires, les royaumes qu’onpouvait conquérir. Déjà deux papes avaient conçu le desseind’armer l’Europe contre l’Asie pour délivrer Jérusalem; Ur-bain II réalisa ce projet.
2. PREMIERE CROISADE ; ROYAUME CHRÉTIEN A JÉRUSALEM
(1095-1100). Pierre l’Ermite, gentilhomme picard, disposa lespeuples à la guerre sainte par son entraînante éloquence. Lepape vint en personne la prêcher à Clermont, en Auvergne;Dieu le veut , Dieu le veut , s’écria-t-on de toutes parts, et cha-cun s’empressa de recevoir du pontife ou des évêques une croixd’étoile rouge, pour l’attacher à son habit ; de là les noms deCroisés et de Croisades.
Un gentilhomme, nommé Gauthier Sans-Avoir, partit lepremier avec une avant-garde de quarante mille hommes. L’er-mite Pierre le suivit à la tête d’une prodigieuse multitude debrigands indisciplinés. Ces troupes, aptes avoir commis d’af-freux désordres, furent détruites en Hongrie et en Bulgarie.
L’armée régulière partit ensuite : elle avait pour chefs Gode-froi de Bouillon, duc de Basse-Lorraine, avec Euslache et Bau-doin,ses frères; Hugues de Vermandois, frère du roi de FrancePhilippe I er ; Robert II, duc de Normandie; Robert II, comtede Flandre; Raymond I\ , comte de Toulouse; Bohémond,prince de 'Parente, avec son neveu Tancrède, etc. Les princescroisés arrivèrent à Constantinople par différents chemins. Alexisleur fournil des bateaux pour passer le détroit. Godefroi doBouillon reçut en Bithynie le titre de généralissime. Ils étaientalors au nombre de six cent mille. Vainqueurs à Dorylée, puissur FOronte , ils s’emparèrent d’Antioche, défirent le sultande Mossoul, et conquirent la ville sainte sur les khalifes fatimitesdu Caire (1099). L’année victorieuse proclama pour roi Godefroide Bouillon , qui justifia cet honneur par la victoire d’Ascalon ,remportée sur le khalife d’Égypte. La conquête fut réglée d’aprèsun code féodal, connu sous le nom à’Assises de Jérusalem.