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Nouveau manuel complet et méthodique des aspirants au baccalauréat ès-lettres : rédigé d'après le programme du 14 juillet 1840 / par Em. Lefranc
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HISTOIRE DU MOYEN AGÉ. U.

Masse pour se porter à la délivrance du tombeau du Sauveur.Tel est le caractère d’expiation empreint surtout dans la pre-mière croisade. Ce furent les barons et les hommes d’armes,célèbres par leurs violences et Leurs brigandages, qui imprimè-rent, par leur exemple, le mouvement aux populations, et cetteapostrophe éloquente d’Urbain II dans l’assemblée de Clermont :Soldats de Venfer , devenez les soldats de Dieu l résume l’espritde ce vaste ébranlement, dont les effets sont si bien exprimésdans cette phrase de la princesse Anne Comnène, fille d’Alexis r«L’Europe entière paraissait comme arrachée de ses fondementset prèle à se précipiter de tout son poids sur l’Asie. » Treizecent mille personnes s’engagèrent, dit-on, dans cette premièrecroisade.

État de l'Orient, à cette époque, le khalifat de Baghdadétait esclave sous une garde turque ; celui du Kaire se mouraitde corruption ; celui de Cordoue, démembré , tombait en pièces*Une seule chose était forte et vivante dans le monde mahométan,c’éiait cet horrible héroïsme des Assassins dans les montagnesdu Liban. Mais combien le christianisme était plus vivant aumoment des croisades! Le pouvoir spirituel, esclave du tem-porel en Asie, le balançait, le primait en Europe; il venait,sous Grégoire VII, de se retremper par la chasteté monastique,par le célibat des prêtres. Le mahométisme se divisait; le chris-tianisme s’unissait. Le premier ne pouvait attendre qu’invasionet ruine, et en effet il ne résista qu’on recevant les Moghols etles Turks, c’est-à-dire en devenant barbare.

Les Arabes, peuple commerçant, accueillaient bien d’abordles pèlerins. Les Eatimites d’Egypte, ennemis secrets du Kornn,les traitèrent bien encore. Tout changea, lorsque le khalife Ila-kem, fils d’une chrétienne, se donna lui-méme pour une in-carnation. H maltraita cruellement les chrétiens qui préten-daient que le Messie était déjà venu, et les juifs, qui s’obsti-naient à l'attendre encore : dès lors on n'aborda guère le sainttombeau qu’à condition de l’outrager. Lorsque les Turks, maî-tres de Baghdad et partisans du khalife, se furent emparés deJérusalem, ils massacrèrent indistinctement Alides et Chré-tiens. L’Empire grec, resserré chaque jour, vit leur cavaleriepousser jusqu’au Bosphore, en face de (,'onstanlinople. D’autre