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Nouveau manuel complet et méthodique des aspirants au baccalauréat ès-lettres : rédigé d'après le programme du 14 juillet 1840 / par Em. Lefranc
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kyi HISTOIRE DU MOYEN AGE. 22.

4° la langue romane rustique^ corrompue du latin, qui fut long-temps commune à tous les peuples de l’Europe latine; c’est de là<pie sont nés le provençal {langue (foc), le français ( langue cloyl)^1 italien {langue de si ), le castillan , le portugais, le vainque.

Le roman provençal eut ses troubadours , et le roman fran-çais, ses trouvères . La poésie naquit au i I e siècle, dans le midide la France, d’où le goût s’en répandit dans les provinces dunord. Les hautes classes de la société la cultivèrent avec enthou-siasme. Les troubadours imaginèrent la chanson, la ballade, lesonnet, la pastourelle, la tenson et le sirventc; les trouvères, leconte ou la nouvelle, le poème allégorique, le fabliau, le lay, leroman ou épopée, etc.

Les poètes espagnols et italiens adoptèrent d’abord la langueprovençale. La poésie italienne prit naissance en Sicile, à la courde Frédéric II, et fut cultivée en Toscane à la fin du i3 e siècle.

De toutes les langues latines, l’italienne fut fixée la première,et bien longtemps avant les autres, par trois hommes de génie, leDante, Pélrarque el Boccace (i3ai, i3^4î i3j 5). Vers ce temps,le provençal dégénérait déjà en patois, et le français restait debeaucoup en arrière de tous les autres idiomes latins. Les genresen prose suivirent le sort de la poésie chez les différents peuples.

Littérature classique et renaissance des lettres grecques.Les progrès de la littérature, arretés vers le milieu du 12 e siècle,reprirent leur cours au i/j. 6 * Cette régénération commença parl’étude des lettres classiques, qui doit sa restauration h l’un desplus beaux génies que les siècles modernes aient possédés, à Pé-trarque. L’enlhousiasme avec lequel Barlaam, moine grec, luiparlait d’Homère et de Platon, qu’aucune traduction ne pouvaitrendre sensibles, l’engagea sérieusement dans l’étude du grec.Boccace y fit de plus grands progrès encore. Des Grecs, qui fuyaientConstantinople , entre autres Démétrius de Cydone et ManuelChrysoloras, enseignèrent publiquement leur langue, tandis queJean de Ravenne, disciple de Pétrarque, ouvrait un cours delittérature romaine (1097).

C’est de leur école, que sont sortis une foule d’hommes comptésau nombre des restaurateurs de l'érudition classique. Tels sont letraducteur Léonardino Bruni, surnommé l’Ârétin, à caused’Arezzo, sa patrie l’historien Pierre Paul Vergerio »