HISTOIRE MODERNE. 25. 481
à la Suède le premier rôle, un rôle menaçant dans le Novd,par la lutte de Charles XII contre Pierre le Grand.
Au commencement du iS e siècle, c’est l’époque de la politiquevacillante. Deux principes avaient etc consacrés par la paix d’U-treclit : l’un , que les couronnes de France et d’Espagne ne pour-raient être réunies sur une même tête ; l’autre, que les Pays-Basserviraient de barrière aux Provinces-Unies contre les Français,de manière que la maison d’Autriche, h laquelle on en avait confiéle dépôt, n’en pourrait rien aliéner en faveur de la France. Cetraité ne satisfaisait point les deux principales puissances intéres-sées dans la guerre de la succession espagnole. De lh des alliancesbizarres entre des Etats ennemis, des guerres contradictoires entredes peuples amis. La France et l’Angleterre, naguère si acharnéesh se combattre, se réconcilient et s’unissent contre ce mêmePhilippe V, en faveur duquel Louis XIV avait fait tous ses efforts.Les deux concurrents qui s’étaient disputé le trône d’Espagne,renoncent ô leur haine et s’accordent h faire la guerre chacun hla puissance qui Pavait favorisé. Toute l’Europese partage entre laligue autrichienne-espagnole de Vienne, et l'alliance anglo-fran-çaise de Hanovre. Soudain ces deux confédérations sont dissoutes,et l’union la plus étroite s’établit entre les cabinets de Versailles,de Londres et de Madrid. On dirait que dès lors l’Europe n’a pasde plus puissant intérêt que de procurer des souverainetés aux filsd’une reine ambitieuse (Elisabeth Farnèse).
Une partie de ce but est atteint : un infant d’Espagne est re-connu héritier des maisons de Farnèse et de Médicis; mais ilreste encore un fils d’Elisabeth h pourvoir, et cette princesse nemourra contente que quand elle verra tous ses fils assis sur destrônes. D’un autre côté, la France, qui, depuis 1715 , n’a travailléque pour des intérêts étrangers, convoite l’acquisition d’une pro-vince (la Lorraine) dont elle a besoin pour s’arrondir, pour éta-blir sa communication avec l’Alsace et le Rhin, et le ministrehabile qui la gouverne (le cardinal de Fleury) ne veut pas ter-miner sa carrière sans laisser à son pays cet héritage magnifique.
L’Europe jouit d’un instant de tranquillité; mais ce calmen’est qu’apparent. Tous les cabinets attendent un événement quileur fournisse l’occasion d’exécuter leurs plans particuliers. LaPologne le donne : Auguste TI meurt; une guerre universelle