HISTOIRE MODERNE. 5->. 5*5-
précipité par l’esprit de révolte, et l’unité du monde fut jamaisrompue.
Une querelle de moines , selon l’expression de Léon X, fut lapremière occasion de la scission protestante. Les Jacobins avaientété chargés en Allemagne de la collection du produit des indul-gences affecté à la construction de St-Pierre de Rome. LesAugustins furent jaloux de cette commission lucrative, et MartinLuther, jeune religieux de cet ordre et professeur en l’universitéde Wittemberg, attaqua d’abord la manière abusive dont sevendaient les indulgences. Bientôt il en vint h leur principe ■puis il s’en prit à l’intercession des saints, h la confession auri-culaire, au purgatoire, au célibat des prêtres, h la transsubstan-tiation, enlin à l’autorité de l’Eglise et de son chef visible.Pressé par le légat Cajetan de rétracter ses erreurs, il en appeladu légat au pape , et du pape h un concile général ( i5iy). Lesécrits fougueux de Luther se multipliaient avec ses partisans.Léon X le frappa d’anathêrne ; mais Luther brida publiquementla bulle de VAntéchrist 1 , à Wittemberg, avec le code du droitcanonique (i 52 o).
Maximilien I er était mort, et l’électeur de Saxe, Frédéric leSage, avait régi l’Empire pendant l’interrègne; c’était le pro-tecteur de Luther. Fort de cet appui, Luther, cité à la diète deWorrns , soutint sa proposition devant le nouvel empereur( Cliarles-Quint ) ; il fut mis au ban de l’Empire ; mais Frédériclui ménagea une retraite au château de Wartbourg, situé aufond des montagnes, où il resta caché pendant longtemps, etd’où, il envoya ses écrits, qui mirent l’Église en feu et l’Europeen sang.
Sa doctrine se répandit avec rapidité dans le nord de l’Alle-magne. Dès l’an i525, elle comptait pour partisans déclarés,l’électeur de Saxe , le landgrave de Kesse-Cassel , les ducs deMecklembourg, de Poméranie, de Zell, et surtout le margravede Brandebourg, Albert, grand-maître de l’ordre Teutor.ique,qui renonça à son vœu de chasLeté, et sécularisa la Prusse orien-
i. C’est le nom q^e, depuis cette époque, il donnait au sou-verain pontife. Il appelait Captivité de Babylone la soumissiondes fidèles au saint-siège.