PHILOSOPHIE. 5 . 6. 143
vraie, quand die est conf rme à son objet : neige blanche; —fausse, quand elle offre une disparate avec son objet : luit noir .
Du reste, toutes ces classifications rentrent plus ou moins lesunes dans les autres. Ainsi table , idée adventice, est en mêmetemps une idée générale , une idée claire, etc.
Il faut, dans les idées, quelles qu’elles soient, distinguerdeux choses, Vétendue et la compréhension. L’étendue est lenombre d’individus auxquels cette idée convient; la compréhen-sion est le nombre des idées partielles dont se compose l’idée totale.Ainsi, Pétendue de l’idée éChomme^ c'est le genre humain toutentier ; la compréhension de celte idée, ce sont les idées partiellesd’organisation, de vie, d’mteliigence, etc.
N° 6.
1, De l'origine et de la formation des idées. — 2. Prendre pour
exemples quelques-unes des plus importantes de nos idées.
1. De l’orioine et de la formation des idées. L’origineet la formation des idées ont été différemment expliquées parles philosophes.
Les uns, comme Aristote, Bacon, Gassendi, Locke , Condillac, les font toutes venir des sens, et les regardent comme dessensations transformées, conformément à cet axiome si rebattudans les anciennes écoles : Aihil est in intellectu quod nonpriùs fuerit in sensu , il n’y a rien dans l'intelligence qui n’aitd’abord été dans les sens, c’est-à-dire, sensation»; c’est l’écoledes sensualisies.
Les autres, comme Platon, Descartes, Malebranche, Leibnitz,prétendent que les idées du monde externe et de la raison sontinnées, comme les facuLtés elles-mêmes de l’âme; c’est l’écoledes idéalistes.
La question de l’origine des idées , l’une des plus importantesde la philosophie, ne peut se résoudre complètement par l’uneou par l’autre de ces deux opinions extrêmes. Pour parvenir àune solution satisfaisante, nous suivrons le système de l 'école■éclectique , fondée de nos jours par MM. Royer-Collard , Cousinet Jouffroi (p. 2i5), et qui, se portant médiatrice entre les deuxécoles opposées des sensualistes et des idéalistes , a fait la partde l’une et de l’autre , au profit et dans les limites de ia vérité.