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nolion ne constituent cette notion qu’autant qu’ils sont rassem-blés. 11 faut donc, pour connaître un objet, que l’intelligencerecompose cequ’elle a décomposé. De ces deux opérations , l’une,la décomposition , s’appelle analyse ; l’autre , la recomposition,s’appelle synthèse.
'2. De l’analyse et de la synthèse. L’analyse est la dé-composition d’un objet, d’un phénomène, d’une notion com-plexe, en ses divers éLémcnts , pour les étudier l’un après l’au-tre. Ainsi , pour connaître une montre , on observe les rouages ,les ressorts, le tambour, en un mot toutes les pièces de l’appa-reil ; cette étude donne une suite d’idées partielles, mais elle nedonne point d’idée totale de l’instrument, de même que lesparties élémentaires d’une montre ne constituent point la mon-tre elle-même. Pour rendre ses fonctions h la montre , et son• ensemble h la notion , il faut remettre en leur place les élémentsque l’analyse a séparés; en d’autres termes , il faut employer lasynthèse.
Ainsi l’analyse et la synthèse sont inséparables; ce ne sont pasdeux méthodes différentes, ce sont les deux moyens de la mé-thode. Par l’un, elle descend du général au particulier, et pail’autre, elle s’élève du particulier au général. Dans la recherchede la vérité , l’analyse commence et la synthèse finit ; c’est ordi-nairement le contraire dans la démonstration.
L’analyse n’a pas grande valeur sans la synthèse ; mais la syn-thèse ne vaut quelque chose que par l’analyse. En effet, si l’ana-lyse est défectueuse, la synthèse, qui ne travaille que d’aprèselle, le sera nécessairement aussi.
L’analyse ne doit être ni trop subtile ni trop large : tropsubtile, elle divise l'intelligence; trop large, elle ne l’éclairepas assez.
l a précipitation est l’écueil de la synthèse. L’esprit humain ,naturellement présomptueux , est toujours t<-nlé de soumettreles faits encore ignorés aux lois qui régissent les faits déjà con-nus. De l:i les systèmes erronés et les sciences fausses dont on nevoit que trop d’exemptes.