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Nouveau manuel complet et méthodique des aspirants au baccalauréat ès-lettres : rédigé d'après le programme du 14 juillet 1840 / par Em. Lefranc
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PHILOSOPHIE. 2-i. i 7 3

Avantages de la forme syllogistique i° Le premieret principal avantage de la forme syllogistique, c’est de fairedistinguer facilement l’erreur de la vérité. Avec cette forme , ilne s’agit que de se prononcer sur le rapport de trois propositionsqui doivent être rigoureusement enchaînées et légitimement uniespour que la dernière soit concluante. Si le ‘ en est artificiel oulâche, si l’on a tiré des prémisses plus qu’elles ne contiennent,l’esprit reconnaît sans peine ou le défaut de liaison ou le vice deconséquence, et l’erreur reconnue est une erreur vaincue.

2 ° Le second avantage de la forme syllogistique est de forcerl’intelligence à préciser les termes de la pensée ; elle l'habitue àrejeter tout ce qui est vague et indécis; enfin, la nécessité derepousser les attaques d’un adversaire, de démasquer ses ruses et6es sophismes , donne plus de souplesse et de vigilance à l’esprit.Sans doute il est inutile de savoir si un argument est en barbaraou en celarent ; mais il ne l’est pas de savoir, par exemple, quedeux propositions universelles affirmatives donneront légitime-ment une conclusion de même nature, et qu’une majeure parti-culière affirmative, suivie d’une mineure universelle affirmative,ne peut engendrer qu’une affirmation particulière.

3° Un troisième avantage dont la langue française jouit plusque t<*ute autre, est du à la forme syllogistique. Par l’étude dela logique, par les habitudes sévères qu’elle a imposées à toutesles langues de l’Europe, en tenant si longtemps l’esprit moderne?i l’analyse de la pensée, la scolastique leur apprit à s’exprimercomme l’exige la raison. De là , la clarté des idiomes moderneset surtout du français ; de là, cet instrument mieux appropriéaux besoins de la pensée. La scolastique a donc été pour la so-ciété moderne un utile noviciat : la société y a renoncé dans sonâge mûr après en avoir profité; mais il est évident que ce qui aété utile à la jeunesse de la société, peut l’être et l’est égalementà la jeunesse de l’individu.

1 . Ce qui suit est en partie extrait du Cours de Philosophie deM. Géruzez, mon ancien condisciple à l’école normale, et sup-pléant actuel de M. Yillemain , à la Faculté des Lettres de*Paris.