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JEUNESSE ET MORT
§ HL
Premier et dernier amour de Keats. — Sa mort.
Je me suis arrêté le plus longtemps que je l’ai pu sousces ombrages poétiques. J’avais peine à voir s’évanouirsi tôt cette vie douloureuse qu’un souffle ardent avaitdesséchée. Les deux dernières années de Keats ne sontplus qu’une ruine et un supplice mêlés d’un épisode quirend le supplice plus affreux et précipite la ruine. Commes’il eût essayé de se rattacher à la vie par la passion, il s’é-prit d’un amour violent qui l’occupa tout entier jusqu’à samort
Avant sa vingt-huitième année, à cet âge où l’on est sé-vère envers les femmes et où l’on se vante, à leur égard,d’une pénétration dédaigneuse, Keats pousse aussi loin quepossible cette affectation de lajeunese. listes voit toutesavec un profond et inexprimable mépris, tant elles lui sem-blent éloignées de son idéal. Il a, dit-il, de la propension« à classer les femènes parmi les fleurs et.les bonbons. » Ilne peut pas rester une demi-heure auprès de « ces petitescréatures de pensionnat”; » tontes l’ennuient,, et il ne saiten vérité comment-être maître de sa ntàovaise,,humèur,« quand il les entend babiller -comme* de petites pies, etqu’il les voit pirouetter comme des volants; » iTsêtbpro-che d’avoir été assez « jeune » pour les avoir divinisées, etil est revenu « à jamais, » comme un véritable écolier qu’ilest, de « ces visions étbérées et féminines. » Mais, hélas !voici venir des Indes orientales une beauté dont « le re-gard est opulent comme l’Orient, » et dont les autres fem-