DE KEATS.
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mes disent « un mal infini. » Il pense comme elles, ilcritique la créole, il la blâme et la trouve mondaine,théâtrale, coquette ; cependant, quand elle « traversele salon, elle vous attire comme par une chaîne ma-gnétique. » Enfin il se laisse prendre de la passion la plusvéhémente pour cette jeune personne— impériale , commeil la nomme, — qui entre dans une chambre « comme unepanthère. » Surtout elle n’a pas les airs puritains des « Cla-risses, » ce qui le met à son aise, et elle ne trouve,dans une conversation engagée au coin d’un salon, anything particular, rien d’extraordinaire. Enfin, ravissantenouveauté pour l’étudiant, c’est une fille du monde ; choseconsolante pour l’Anglais rassasié de calvinisme, c’est unecréole.
Ce dernier malheur attendait Keats ; le reste de sacourte existence ne fut qu’un long soupir d’angoisse vers lajeune créole qui l’avait captivé.
A FANNY, AU BAE.
« Toi que j’aime, ma joie, ma crainte, mon espoir, monagonie, je te revois aussi souriante et aussi belle pour euxque tu l’es pour moi, quand mes yeux esclaves et ravis,ivres de leur bonheur et de leur angoisse, te regardent, teregardent !
» Quel est donc celui qui me prend mon bonheur? Aumoins ne lui livre pas ta main, je t’en supplie, et qu’ellereste pure de ce toucher qui me tue ! Par grâce, ne dé-tourne pas de moi si tôt le courant sympathique qui mefait vivre ! Que le plus vif battement de tes artères me soitréservé ! Ah ! garde-le pour moi, oui, pour moi seul. Lamusique vibre dans les salles parfumées ; les images du