Buch 
Etudes sur la littérature et les moeurs de l'Angleterre au XIXe siècle / par Philarète Chasles
Entstehung
Seite
203
JPEG-Download
 

DE KEATS.

203

mes disent « un mal infini. » Il pense comme elles, ilcritique la créole, il la blâme et la trouve mondaine,théâtrale, coquette ; cependant, quand elle « traversele salon, elle vous attire comme par une chaîne ma-gnétique. » Enfin il se laisse prendre de la passion la plusvéhémente pour cette jeune personne impériale , commeil la nomme, qui entre dans une chambre « comme unepanthère. » Surtout elle na pas les airs puritains des « Cla-risses, » ce qui le met à son aise, et elle ne trouve,dans une conversation engagée au coin dun salon, anything particular, rien dextraordinaire. Enfin, ravissantenouveauté pour létudiant, cest une fille du monde ; choseconsolante pour lAnglais rassasié de calvinisme, cest unecréole.

Ce dernier malheur attendait Keats ; le reste de sacourte existence ne fut quun long soupir dangoisse vers lajeune créole qui lavait captivé.

A FANNY, AU BAE.

« Toi que jaime, ma joie, ma crainte, mon espoir, monagonie, je te revois aussi souriante et aussi belle pour euxque tu les pour moi, quand mes yeux esclaves et ravis,ivres de leur bonheur et de leur angoisse, te regardent, teregardent !

» Quel est donc celui qui me prend mon bonheur? Aumoins ne lui livre pas ta main, je ten supplie, et quellereste pure de ce toucher qui me tue ! Par grâce, ne dé-tourne pas de moi si tôt le courant sympathique qui mefait vivre ! Que le plus vif battement de tes artères me soitréservé ! Ah ! garde-le pour moi, oui, pour moi seul. Lamusique vibre dans les salles parfumées ; les images du