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Tome premier.
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DE L’ENCYCLOPÉDIE. 71

qu’on appelle métaphysiciens font si peu de cas les uns des autres»Je ne doute point que ce titre ne soit bientôt une injure pournos bons esprits , comme le nom de sophiste , qui pourtant si-gnifie sage , avili en Grèce par ceux qui le portaient, fut rejetepar les vrais philosophes.

Concluons de toute cette histoire que l’Angleterre nous doitla naissance de cette philosophie que nous avons reçue d’elle.Il y a peut-être plus loin des formes substantielles aux tourbil-lons, que des tourbillons à la gravitation universelle; comme ily a peut-être un plus grand intervalle entre l’algèbre pure etl’idée de l’appliquer à la géométrie, qu’entre le petit triangle deBarrow et le calcul différentiel.

Tels sont les principaux génies que l’esprit humain doit re-garder comme ses maîtres, et à qui la Grèce eût élevé des sta-tues , quand même elle eût été obligée, pour leur faire place ,d’abattre celle de quelques conquérans.

Les bornes de ce discours préliminaire nous empêchent deparler de plusieurs philosophes illustres, qui, sans se proposerdes vues aussi grandes que ceux dont nous venons de faire men-tion , n’ont pas laissé par leurs travaux de contribuer beaucoupà l’avancement des sciences , et ont pour ainsi dire levé un coindu voile qui nous cachait la vérité. De ce nombre sont, Galilée ,à qui la géographie doit tant pour ses découvertes astronomiques .et la mécanique pour sa théorie de l’accélération ; Harvey , quela découverte de la circulation du sang rendra immortel ; Huv-ghens, que nous avons déjà nommé, et qui, par des ouvragespleins de force et de génie, a si bien mérité de la géométrie etde la physique : Pascal, auteur d’un traité sur la cycloïde , qu’ondoit regarder comme un prodige de sagacité et de pénétration ,et d’un traité de l’équilibre des liqueurs et de la pesanteur del’air, qui nous a ouvert une science nouvelle : génie universelet sublime , dont les talens ne pourraient être trop regrettés parla philosophie, si la religion n’en avait pas profité ; Malebranclie,qui a si bien démêlé les erreurs des sens, et qui a connu cellesde l’imagination , comme s’il n’avait pas été souvent trompé parla sienne ; Bayle , le père de la physique expérimentale ; plu-sieurs autres enfin , parmi lesquels doivent être comptés avecdistinction les Yesale, les Sydenham , les Boerliaave, et uneinfinité d’anatomistes et de physiciens célèbres.

Entre ces grands hommes il en est un, dont la philosophie,aujourd’hui fort accueillie et fort combattue dans le Nord de1 Europe , nous oblige à ne le point passer sous silence ; c’est1 illustre Leibnitz. Quand il n’aurait pour lui que la gloire, oumeme que le soupçon d’avoir partagé avec Newton l’invention