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Tome premier.
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DE L’ENCYCLOPÉDIE. 79

temps des progrès rapides , dès qu’une fois la véritable route estouverte : à peine un grand génie a-t-il entrevu le beau, qu’ill’aperçoit dans toute son étendue ; et l’imitation de la belle na-ture semble bornée à de certaines limites qu’une génération oudeux tout au plus ont bientôt atteintes ; il ne reste à la géné-ration suivante que d’imiter ; mais elle ne se contente pas de cepartage ; les richesses qu’elle a acquises autorisent le désir de lesaccroître ; elle veut ajouter à ce qu’elle a reçu, et manque le buten cherchant à le passer. On a donc tout à la fois plus de prin-cipes pour bien juger, un plus grand fonds de lumières, plusde bons juges, et moins de bons ouvrages; on ne dit point d’unlivre qu’il est bon, mais que c’est le livre d’un homme d’esprit.C’est ainsi que le siècle de Démétrius de Phalère a succédé im-médiatement à celui de Démosthène, le siècle de Lucain et deSénèque à celui de Cicéron et de Yirgile , et le nôtre à celui deLouis XIV.

Je ne parle ici que du siècle en général : car je suis bien éloi-gné de faire la satire de quelques hommes d’un mérile rare avecqui nous vivons. La constitution physique du monde littéraireentraîne, comme celle du monde matériel, des révolutions for-cées , dont il serait aussi injuste de se plaindre que du change-ment des saisons. D’ailleurs comme nous devons au siècle dePline les ouvrages admirables de Quintilien et de Tacite , que lagénération précédente n'aurait peut-être pas été en état de pro-duire , le nôtre laissera à la postérité des monumens dont il adroit de se glorifier. Un poète célèbre par ses talens et par sesmalheurs a effacé Malherbe dans ses odes, et Marot dans ses épi-grammes et dans ses épîtres. Nous avons vu naître le seul poèmeépique que la France puisse opposer à ceux des Grecs , des Ro-mains, des Italiens, des Anglais et des Espagnols. Deux hommesillustres, entre lesquels notre nation semble partagée, et que lapostérité saura mettre chacun à sa place, se disputent la gloiredu cothurne, et l’on voit encore avec un extrême"plaisir leurstragédies après celles de Corneille et de Racine. L’un de ces deuxhommes, le même à qui nous devons la Henriade, sûr d’obtenirparmi le très-petit nombre de grands poètes une place distin-guée et qui n’est qu’à lui, possède en même temps au plus hautdegré un talent que 11’a eu presque aucun poète même dans undegré médiocre, celui d’écrire en prose. Personne n’a mieuxconnu l’art si rare de rendre sans effort chaque idée par le termequi lui est propre , d’embellir tout sans se méprendre sur le co-loris propre à chaque chose; enfin , ce qui caratérise plus qu’01111epense les grands écrivains, de n’être jamais ni au-dessus, ni au-dessous de son sujet. Son essai sur le siècle de Louis XI"p r est un