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Tome premier.
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DE L’ENCYCLOPÉDIE. 85

si grand nombre d’éditions rapides ; cette encyclopédie qu’onvient de traduire tout récemment en italien , et qui, de notreaveu, mérite en Angleterre et chez l’étranger les honneurs qu’onlui rend , n’eût peut-être jamais été faite , si avant qu’elle parûten anglais, nous n’avions eu dans notre langue des ouvrages oùChambers a puisé sans mesure et sans choix la plus grande partiedes choses dont il a composé son dictionnaire. Qu’en auraientdonc pensé nos Français sur une traduction pure et simple? Il eutexcité l’indignation des savans et le cri du public, à qui on n’eûtprésenté sous un titre fastueux et nouveau , que des richessesqu’il possédait depuis long-temps.

Nous ne refusons point à cet auteur la justice qui lui est due.Il a bien senti le mérite de l’ordre encyclopédique, ou de lachaîne par laquelle on peut descendre sans interruption despremiers principes d’une science ou d’un art jusqu’à ses consé-quences les plus éloignées , et remonter de ses conséquences lesplus éloignées jusqu’à ses premiers principes ; passer impercepti-blement de cette science ou de cet art à un autre, et, s’il estpermis de s’exprimer ainsi, faire sans s’égarer le tour du mondelittéraire. Nous convenons avec lui que le plan et le dessein deson dictionnaire sont excellens , et que si l’exécution en étaitportée à un certain degré de perfection , il contribuerait plus luiseul aux progrès de la vraie science que la moitié des livresconnus. Mais , malgré toutes les obligations que nous avons àcet auteur, et l’utilité considérable que nous avons retirée deson travail , nous n’avons pu nous empêcher de voir qu’il restaitbeaucoup à y ajouter. En effet, conçoit-on que tout ce quiconcerne les sciences et les arts puisse être enfermé en deux vo-lumes in-folio ? La nomenclature d’une matière si étendue enfournirait un elle seule, si elle était complète. Combien doncne doit-il pas y avoir dans son ouvrage d’articles omis ou tron-qués ?

Ce ne sont point ici des conjectures. La traduction entière duChambers nous a passé sous les yeux, et nous avons trouvé unemultitude prodigieuse de choses à désirer dans les sciences; dansles arts libéraux, un mot où il fallait des pages, et tout à suppléerdans les arts mécaniques. Chambers a lu des livres , mais il n’aguere vu d’artistes ; cependant il y a beaucoup de choses qu’onn’apprend que dans les ateliers. D’ailleurs, il n’en est pas icides omissions comme dans un autre ouvrage. Un article omisdans un dictionnaire commun le rend seulement imparfait. Dansune encyclopédie, il rompt l’enchaînement, et nuit à la formeet au fond ; et il a fallu tout l’art d’Epluaim Chambers pourpallier ce défaut.