96 DISCOURS PRÉLIMINAIRE
dans le dernier, nous renvoyons à l’objet même. Il est en toutun juste milieu, et nous avons tâché de ne le point manquerici. Un seul art dont on voudrait tout représenter et tout dire,fournirait des volumes de discours et de planches. On ne finiraitjamais, si on se proposait de rendre en figures tous les états parlesquels passe un morceau de fer avant que d’être transforméen aiguille. Que le discours suive le procédé de l’artiste dans ledernier détail, cela suffit. Quant aux figures, nous les avonsrestreintes aux mouvemens importans de l’ouvrier et aux seulsmomens de l’opération, qu’il est très-facile de peindre et très-difficile.d’expliquer. Nous nous en sommes tenus aux circons-tances essentielles, à celles dont la représentation, quand elleest bien faite, entraîne nécessairement la connaissance de cellesqu’on ne voit pas. Nous n’avons pas voulu ressembler à unhomme qui ferait planter des guides à chaque pas dans uneroute , de crainte que les voyageurs ne s’en écartassent. Il suffitqu’il y en ait partout où ils seraient exposés à s’égarer.
Au reste, c’est la main-d’œuvre qui fait l’artiste, et ce n’estpoint dans les livres qu’on peut apprendre à manœuvrer. L’ar-tiste rencontrera seulement dans notre ouvrage des vues qu’iln’eût peut-être jamais eues, et des observations qu’il n’eût faitesqu’après plusieurs années de travail. Nous offrirons au lecteurstudieux ce qu’il eût appris d’un artiste en le voyant opérer,pour satisfaire sa curiosité ; et à l’artiste ce qu’il serait à sou-haiter qu’il apprît du philosophe pour s’avancer à la perfection.
Nous avons distribué dans les sciences et dans les arts libérauxles figures et les planches, selon le même esprit et la même éco-nomie que dans les arts mécaniques; cependant nous n’avonspu réduire le nombre des unes et des autres à moins de sixcents. Les deux volumes qu’elles formeront ne seront pas lapartie la moins intéressante de l’ouvrage , par l’attention quenous aurons de placer au verso d’une planche l’explication decelle qui sera vis-à-vis, avec des renvois aux endroits du dic-tionnaire auxquels chaque figure sera relative. Un lecteur ouvreun volume de planches, il aperçoit une machine qui pique sacuriosité : c’est, si l’on veut, un moulin à poudre, à papier, àsoie, à sucre, etc.; il lira vis-à-vis, figure 5 o, 5 i ou6o, etc.,moulin à poudre , moulin à sucre , moulin à papier , moulin àsoie, etc. 11 trouvera ensuite une explication succincte de cesmachines avec les renvois aux articles Poudre, Papier, Sucre,Soie, etc.
La gravure répondra à la perfection des dessins, et nousespérons que les planches de notre Encyclopédie surpasserontautant en beauté celles du dictionnaire anglais, qu’elles les sur-