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Tome premier.
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DE PHILOSOPHIE. i?3

de changer d’avis; et dès qu’ils ont pris une fois la peine de re-venir sur leurs pas, ils regardent et reçoivent un nouveau systèmed’idées comme une sorte de récompense de leur courage et de leurtravail. Ainsi depuis les principes des sciences profanes jusqu'auxfondemeus de la révélation, depuis la métaphysique jusqu’auxmatières de goût, depuis la musique jusqu’à la morale, depuisles disputes scolastiques des théologiens jusqu’aux objets du com-merce, depuis les droits des princes jusqu’à ceux des peuples,depuis la loi naturelle jusqu’aux lois arbitraires des nations , enun mol depuis les questions qui nous touchent davantage jusqu àcelles qui nous intéressent le plus faiblement, tout a été discute,analysé, agité du moins. Une nouvelle lumière sur quelques ob-jets, une nouvelle obscurité sur plusieurs, a été le fruit ou lasuite de celte effervescence générale des esprits, comme 1 effetdu flux et reflux de l’Océan est d’apporter sur Je rivage quelquesmatières , et d’en éloigner les autres.

II. DESSEIN DE CET OUVRAGE.

En observant le tableau que nous venons de présenter, il sem-ble que la raison se soit comme reposée durant plus de mille ansde barbarie , pour manifester ensuite son réveil et son actionpar des efforts réitérés et pnissans. Ces révolutions de l’esprit hu-main, ces espèces de secousses qu’il reçoit de temps en temps dela nature, sont pour un spectateur philosophe un objet agréable,et surtout instructif. Il serait donc à souhaiter que nous eu eus-sions un tableau exact à chaque époque. Si cette partie intéres-sante de l’histoire du inonde eût été moins négligée , les sciencesn’auraient pas avancé si lentement, les hommes ayant sans cessedevant leurs yeux les progrès ou le travail de leurs prédécesseurs,chaque siècle , par une émulation naturelle, eût été jaloux d’a-jouter quelque chose au dépôt que lui auraient laissé les sièclesprécédens; il en eût été de chaque science comme de l’astrono-mie, qui s’enrichit et se perfectionne tous les jours des observa-tions nouvelles ajoutées aux anciennes.

Une société de gens de lettres a essayé de faire pour notresiècle et pour les suivons , ce que nous reprochons avec raison ànos ancêtres de n’avoir pas fait pour nous. Le plan de l’Encyclo-pédie a été formé dans cette vue. Nous avons tâché de faire sen-tir ailleurs (i) les secours que nos contemporains et nos descen-dons en pourront tirer, quand ce ne serait que pour en faire unemeilleure. Ce que le public a déjà vu de cet ouvrage, fait désirer

(i) Discours préliminaire rie l'Encyclopedie CL Préface (In troisième volumedu même ouvrage.