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Tome premier.
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136 ËLÊMENS

essentielle et la plus utile , qui a pour objet la génération desidées et leur développement. En effet, cette recherche Bien ap-préciée et réduite à son véritable point de vue, n’est que l’his-toire de nos pensées ; tous les faits qui composent cette histoirenous sont connus, puisqu’ils sont notre propre ouvrage ; il nefaut plus qu’une attention suivie pour voir par quel enchaîne-ment ces faits naissent les uns des autres. Cette partie delà mé-taphysique est donc une science qu’on peut regarder comme sus-ceptible de toute la perfection qui doit la rendre complète, etne rien laisser à désirer au philosophe attentif. Tout le reste desobjets dont la métaphysique s’occupe , ou dont elle peut s’oc-cuper, nous présente peu de vérités clairement connues , uneobscurité impénétrable dans quelques unes de celles dont nousne pouvons douter, et quelquefois même une opposition entreces vérités, qui pour n’être qu’apparente , n’en est pas moinsforte à nos yeux. On peut regarder la métaphysique comme ungrand pays, dont une petite partie est riche et bien connue ,mais confine de tous côtés à de vastes déserts , où l’on trouve seu-lement de distance en distance quelques mauvais gîtes prêts às’écrouler sur ceux qui s’y réfugient.

En physique, l’expérience et l’observation nous font connaîtretous les jours bien des vérités ; plusieurs de ces vérités nouslaissent apercevoir l’union qui est entre elles ; nous connaissons ,par exemple , le rapport entre la pesanteur des corps, et la forcequi retient les planètes dans leurs orbites : dans d’autres cas,nous ne voyons l’union des vérités que d’une manière impar-faite. Telle est l’analogie entre la pesanteur des corps et l’at-traction des tuyaux capillaires ; nous avons des raisons decroire, mais non d’être assurés, que ces deux espèces de gravi-tation tiennent à la même cause, à la tendance réciproque desparties de la matière les unes vers les autres. Plusieurs véritésenfin ont entre elles une union dont nous ne pouvons pas douterpar le fait, mais que nous ne pouvons apercevoir dans son prin-cipe ; nous citerons pour exemple le rapport qu’il y a entre leson de la voix , la barbe et les parties de la génération, rapportdont les effets de la castration ne nous permettent pas de douter,mais dont la raison nous est absolument inconnue. Les propriétésde l’aimant sont encore dans le même cas ; nous ignorons, non-seulement par quelle raison ces propriétés si différentes , et enapparence si peu analogues entre elles, se trouvent réunies dansun même corps ; nous ignorons même jusqu’à quel point elles ysont unies, et s’il serait possible de conserver à l’aimant sa pro-priété d’attirer le fer en lui ôtant celle de se tourner vers Jespôles du monde. Ces exemples, auxquels on pourrait en ajouter