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Tome premier.
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DE PHILOSOPHIE. i35

pement et l’énonciation des principes fondamentaux de chaquescience , de ceux qui forment , comme nous l’avons dit, la têtede chaque portion de la chaîne. Nous les appelons principes ,parce que c’est là que nos connaissances commencent. Mais bienloin de mériter ce nom par eux-mêmes, ils ne sont peut-êtreque des conséquences fort éloignées d’autres principes plus gé-néraux que leur sublimité dérobe à nos regards. N’imilous pasles premiers habitans des bords de la mer, qui ne voyant pointde terme au-delà du rivage , croyaient qu’il n’y en avait pas.{Voyez Eclaircissement, § III, pag. 1 47- )

A l’égard des vérités qui se trouvent aux points de réuniondes différentes branches de la chaîne, elles ne sont des principes,ni en elles - mêmes, ni par rapport à nous , puisqu’elles sontle résultat de plusieurs autres vérités. Mais elles doivent entrerdans des éléinens par le grand nombre de vérités qu’elles pro-duisent; et elles peuvent à cet égard être traitées comme desprincipes du second ordre. On reconnaîtra donc ces principesau double caractère, d’avoir au-dessous d’eux un grand nombrede vérités de détail, et d’être eux-mêmes dépendans de deux oude plusieurs vérités primitives. Si cette dépendance ne s’aperçoitpas du premier coup d’œil , on remplira l’intervalle par quel-ques vérités destinées à former la liaison, et qui doivent, nonpas se toucher immédiatement , mais être disposées entre ellesà cette juste distance qui permet à l’esprit le passage facile del’un à l’autre. Ces vérités, qui doivent mener des premiers prin-cipes à ceux du second ordre, auront pour l’ordinaire elles-mêmes quelques autres vérités au-dessous d’elles dans des bran-ches collatérales; et par là elles seront faciles à reconnaître pourcelles qu’on doit employer par préférence dans des éléinens dephilosophie. {Voyez Eclaircissement , § TV, pag. iqg. )

§ I. Eclaircissement sur ce qui est dit du défaut d’enchaîne-ment entre les vérités , pag. i3o.

Deux inconvéniens arrêtent ou retardent le progrès des con-naissances humaines ; le peu de vérités auxquelles nous pouvonsatteindre, et le défaut d’enchaînement entre les vérités connues.Ces deux inconvéniens se font sentir plus ou moins , selon lanature des objets sur lesquels roulent ces vérités. Dans la méta-physique , par exemple , le nombre des vérités que nous con-naissons est très-petit ; mais ce peu que nous connaissons est assezbien lié , au moins dans cette partie de la métaphysique, la plus