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Tome premier.
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4o ÉLÉMENS

ser, on peut les généraliser, et ces nouvelles idées plus généralesne sont pas non plus susceptibles d’être définies. Ainsi les idéessimples, attachées aux mots voir, entendre, toucher, etc.,produisent l’idée plus générale de sensation , et celle-ci l’idéeplus générale encore d’existence . Mais ni les unes ni les autresde ces idées ne peuvent être rendues plus claires par des défini-tions. De même les idées abstraites simples d’étendue et de duréerenferment l’idée plus générale de parties , qui dans l’étendueexistent ensemble , et dans la durée se succèdent ; mais l’idée departie n’est pas plus susceptible de définition que celles d'étendueet de durée.

Pour s’assurer donc si une idée est composée ou simple , et parconséquent si elle est susceptible ou non d’être définie , il fautbien distinguer entre la décomposition d’une idée et sa générali-sation , et prendre garde de ne pas confondre une de ces opéra-tions avec l’autre. Une idée susceptible de décomposition peutet doit être définie ; une idée susceptible de généralisation seule-ment , ne doit pas l’être. Par exemple , les trois idées d ’étendue,de bornes et d’impénétrabilité, différentes et distinguées l’unede l’autre , forment, étant réunies, l’idée de corps , laquelle parconséquent peut être décomposée dans chacune de ces troisidées, que l’esprit envisagera séparément; au contraire l’idéesimple, attachée au mot voir, quoiqu’elle renferme les deuxidées de sensation et d’existence , n’est point formée de ces idéesréunies; car d’un côté ces deux idées, même étant réunies,sont plus générales que l’idée attachée au mot voir, et par con-séquent ne composent point cette dernière idée, et de l’autrela réunion de l’idée d’existence à celle de sensation serait illu-soire , puisque l’idée d’existence n’ajoute proprement rien àcelle de sensation ; on ne peut sentir sans exister.

Il est visible, par tout ce que nous venons de dire, qu’uneidée abstraite , quoiqu’on en déduise une autre idée abstraitepar la généralisation , n’est pas plus composée que l’idée plusabstraite qu’on en déduit ; et par conséquent que ni les unes niles autres ne peuvent ni ne doivent être définies. Mais il y acette différence entre les idées abstraites simples produites parla généralisation, et les idées abstraites qui servent à les pro-duire, que ces dernières n’ont besoin ni qu’on les définisse , niqu’on en explique la formation ; au lieu qu’il est souvent néces-saire au philosophe de développer la manière dont certaines idéesabstraites simples se forment parla généralisation d’autres idéesabstraites simples; et ce développement devient plus nécessaireà mesure que les idées qui en sont l’objet sont plus générales.Ainsi l’idée attachée au mot voir n’a besoin ni qu’on la définisse).