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Tome premier.
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,42 ÉLÉMENS

déduit ensuite , comme nous l’avons fait voir , les idées simples,ou par la décomposition ou par la généralisation. Ainsi, au lieude définir les idées composées, en réunissant à la fois dans uneseule phrase, et sans aucune décomposition préalable , les idéessimples dont cette idée est formée, il serait, cerne semble,plus conforme à la marche de l’esprit, de séparer par déductionles idées simples des idées composées, et de faire sentir par làcomment les idées abstraites se simplifient en naissant successi-vement les unes des autres.

Au lieu de dire, par exemple, comme on fait à la tête depresque tous les élémens de géométrie, la ligne est une étenduesans largeur ni profondeur, la surface une étendue sans profon-deur, le corps une étendue avec largeur, longueur et profondeur,j’aimerais mieux procéder de la manière suivante. Je supposeque j’aie entre les mains un corps solide quelconque , j’y dis-tingue d’abord trois choses , étendue, bornes en tous sens , etimpénétrabilité ; je fais abstraction de cette dernière , il mereste l’idée d’étendue et celle de bornes , et cette idée constituele corps géométrique , qui difiëre du corps physique par l’idéede l’impénétrabilité, essenyelle à celui-ci. Je fais ensuite abs-traction de l’étendue ou de l’espace que ce corps renferme, pourne considérer que ses bornes en tous sens ; et ces bornes medonnent l’idée de surface , qui se réduit , comme il est visible,à une étendue de deux dimensions ; enfin , dans l’idée de surface,je fais encore abstraction d’une des deux dimensions qui la com-posent , et il me reste l’idée de ligne. Voilà un léger essai de lamanière dont il serait à désirer qu’on procédât dans les défini-tions philosophiques.

De quelque manière au reste qu’on s’y prenne pour définir,remarquons qu’une définition sera vicieuse, toutes les fois qu’onpourra en retrancher quelque chose sans altérer l'idée que cettedéfinition doit servir à fixer. Ainsi dans la définition du corps,que donnent plusieurs philosophes , que c’est une étendue impé-nétrable , figurée , divisible et mobile , les mots divisible etmobile paraissent devoir en être retranchés comme superflus ;divisible , parce que l’idée attachée à ce mot est absolumentrenfermée dans l’idée d ’étendue ; mobile, pour deux raisons,i°. parce que ce mot signifie susceptible de mouvement, et qu’iln’est pas plus dans la nature du corps d’être susceptible de mou-vement que de repos ; il faudrait donc d’abord pour l’exactituderigoureuse substituer au mot de mobile, cette phrase, égalementsusceptible de repos ou de mouvement ; 2 °. cette addition mêmeserait illusoire, et n’ajouterait rien à l’idée d ’étendue impéné-trable et figurée; car dès qu’on suppose une portion d’étendue