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Tome premier.
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DE PHILOSOPHIE. i55

Ireint dans une sphère étroite bornée. Le seul moyen d’exerceravantageusement l’un et l’autre, est de les faire marcher commed’un pas égal , et de ne pas borner ses recherches aux seuls ob-jets susceptibles de démonstration ; de conserver à l’esprit saflexibilité, en ne le tenant point toujours courbé vers les ligneset les calculs, et en tempérant l’austérité des mathématiques pardes études moins sévères; de s’accoutumer enfin à passer sanspeine de la lumière au crépuscule. ( Voyez Eclaircissement ,§ Vï, page iS 1 ;.)

§ Y. Éclaircissement sur ce qui est dit , que l’art du raisonne-ment se réduit à la comparaison des idées , page i 53 .

Nous avons remarqué dans le § II, page 146 , combien l’emploides expressions figurées occasione de faux jugemens, quand onabuse de ces expressions. Le moyen le plus sûr et le plus simplede n’en pas abuser, est surtout de fixer avec soin le sens précisqu’on attache aux expressions figurées dont on est forcé de se ser-vir. Prenons pour exemple une des façons de parler figurées qu’ona citées à la fin du § II, page 146 ; telle idée est renfermée danstelle autre. Il faut bien expliquer ce qu’on entend ici par le mot,renfermée , à cause de l’équivoque qui en peut résulter. Car jepuis dire que l’idée de pierre est renfermée dans celle de mar-bre, en ce sens que dès que j’ai î’idée de marbre j’ai celle depierre, dont le marbre forme une des espèces; et je puis direaussi que l’idée de marbre est renfermée dans celle de pierre,en ce sens que l’idée de pierre est plus générale que celle demarbre , qui n’est qu’une espèce dont pierre est le genre. Ainsices deux façons de parler , si différentes en apparence, et mêmeopposées, signifient pourtant la même chose au fond ; mais ilest nécessaire, pour éviter tout abus des mots, d’expliquer le sensrigoureux qu’on attache à l’une ou à l’autre de ces expressions.

Supposons donc deux idées qu’on se propose de comparer entreelles, et que nous appellerons A et, B pour les distinguer. Nousdirons que l’idée A est renfermée dans l’idée B , lorsque l’idée Best une suite nécessaire de l’idée A, en sorte que l’idée A pro-duise nécessairement l’idée B. En ce sens l’idée de marbre estrenfermée dans celle de pierre, part;* qu’on ne saurait avoir1 idée de marbre sans avoir celle d e pierre. Mais dans le sens quenous donnons ici au mot renfermer, l’idée de pierre n’est pasrenfermée dans celle de marbre, parce qu’on peut avoir l’idéede pierre sans avoir celle de marbre. Nous dirons de mêmeque l’idée A exclut l’idée B, lorsque ces deux idées sont con-