i5t> ÉLÉMENS
traircs l’une à l’autre, comme celle de mouvements t celle derepos.
Ces notions sont la base de toute la logique. En ne perdantpoint de vue le sens précis que nous venons d’y attacher , il estfacile de réduire tout l’art du raisonnement à une règle fort sim-ple. Nous avons dit que l’art de raisonner consiste à comparerensemble deux idées par le moyen d’une troisième. Pour jugerdonc si l’idée A renferme ou exclut l’idée B, prenez une troi-sième idée C , à laquelle vous les comparerez successivementl’une et l’autre; si l’idée A est renfermée dans l’idée C, et l’idéeC dans l’idée B, concluez que l’idée A est renfermée dans l’idéeB. Si l’idée^ est renfermée dans l’idée C, et que l’idée C excluel’idée B, conctuez que l’idée A exclut l’idée B. Tout syllogismeexact doit se réduire à l’un de ces deux cas; dans tout autre ilest vicieux. Yoilà le fondement de toutes les règlesdu syllogisme,imaginées par les logiciens, règles dont les unes sont trop va-gues , et trop difficiles dans l’application , et dont les autres sonttrop multipliées , trop subtiles , et par-là trop' pénibles, soit àretenir, soit à mettre en œuvre. Ce n’est pas qu’il n’y ait du mé-rite et de la sagacité dans l’invention de ces règles ; peut-êtrememe n’est-il pas inutile de les faire connaître aux jeunes gens,ne fût-ce que pour exercer leur esprit aux démonstrations, etpour s’assurer jusqu’à quel point ils sont capables d’en sentirl’enchaînement et l’ensemble. Mais il faut, d’une part, ne donnera ces spéculations, peu nécessaires en elles-mêmes, que les mo-mens perdus, pour ainsi dire, dans l’étude de la philosophie ; etde1 autre, faire sentir aux jeunes gens que la forme syllogistique ,si chère aux scolastiques pour leurs vaines disputes, est bienmoins nécessaire dans les véritables sciences, que ces mêmes sco-lastiques ne le pensent ou ne le disent; que sans cet échaffaudageun esprit juste aperçoit pour l’ordinaire la connexion ou la dis-cordance de deux idées avec l’idée moyenne à laquelle il les com-pare , et par conséquent la connexion ou la discordance que cesdeux idées ont entre elles; que les géomètres, ceux de tous lesphilosophes qui se sont toujours le moins trompés, ont toujoursété ceux qui ont fait le moins de syllogismes; et que la formesyllogistique n’est guère plus nécessaire à un bon raisonnementque le nom de théorème à une véritable démonstration. L’étalageen tout genre est une prçiïVe d’opulence au moins très-équivo-que , et souvent une marque beaucoup plus sûre d’indigence.