DE PHILOSOPHIE. i65
» trop, s’en sera fait de tout différons, qui le jetteront dans» une conduite opposée. Non-seulement les médecins particu-» culiers , mais les Facultés de médecine semblent se faire un» honneur et un plaisir de ne s’accorder pas. De plus , les ob-» servations d’un pays sont ordinairement perdues pour un» autre. On ne profile point à Paris de ce qui a été remarqué à« Montpellier. Chacun est comme renfermé chez soi , et ne» songe point à former de société. L’histoire d’une maladie qui» aura régné dans un lieu , ne sortira point de ce lieu-là , ou» plutôt on ne l’y fera pas. M. Chirac voulait établir plus de» communication de lumières , plus d’uniformité dans la prati-» que. Vingt-quatre médecins des plus employés de la Faculté» de Paris auraient composé une Académie, qui eût été en» correspondance avec les médecins de tous les hôpitaux du» royaume , et même avec ceux des pays étrangers, qui l’eus—
» sent bien voulu. Dans un temps oh les pleurésies, par exemple,
» auraient été plus communes , l’Académie aurait demandé à» ses correspondans de les examiner plus particulièrement dans» toutes leurs circonstances, aussi-bien que les effets pareillement» détaillés des remèdes. On aurait fait de toutes ces relations» un résultat bien précis, des espèces d’aphorismes, que l’on» aurait gardés cependant jusqu’à ce que les pleurésies fussent» revenues , pour voir quels changemens ou quelles modifica-» tions il faudrait apporter au premier résultat. Au bout d’un» temps on aurait eu une excellente histoire de la pleurésie, et» des règles pour la traiter , aussi sûres qu’il soit possible. Cet» exemple fait voir d’un seul coup d’œil quel était le projet, tout» ce qu’il embrassait, et quel en devait être le fruit. M. le due» d’Orléans l’avait approuvé et y avait fait entrer le roi, mais il» mourut lorsque tout était disposé pour l’exécution. » On ne serapeut-être pas fâché d’apprendre par la suite du même éloge, cequi a empêché la réussite de ce projet ; je ne crois point ce récitdéplacé dans un ouvrage de philosophie, ne fût-ce que pourajouter de nouveaux traits à l’histoire de l’esprit humain , etpour faire connaître les causes morales qui, dans les siècles lesplus éclairés , retardent le progrès des sciences les plus utiles.
« M. Chirac étant devenu premier médecin du roi , sa nou-» velle autorité lui réveilla les idées de son Académie de méde-
» cine.Mais quand le dessein fut communiqué à la Faculté
« de Paris, il y trouva beaucoup d’opposition. Elle ne goûtait» point, que vingt-quatre de ses membres composassent une pe~» tite troupe choisie, qui aurait été trop fière de cette dislinc—» tion , et se serait crue en droit de dédaigner le reste du corps.» ^.es plus employés devaient la former, et les plus employés