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Tome premier.
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207
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DE PHILOSOPHIE. 207

Je la nature? N’est-ce pas vraisemblablement cette privation Jesociété , plus que toute autre cause, qui réduit les animaux à uncercle d’iJées si étroit et si borné? Mais pourquoi les animaux,avec des organes semblables à ceux des hommes, n’ont-ils pas lemême penchant que les hommes à se rapprocher les uns desautres ? Pourquoi leur langue et leur bouche , d’ailleurs si sem-blables à la nôtre en apparence , ne forment-elles pas des sonsarticulés ? 11 faut que les philosophes aient bien senti la difficultéde répondre à ces questions, puisque la seule réponse qu’ils yaient faite jusqu’à présent, c’est que le Créateur a voulu quel’homme vécût en société , et que les animaux n’y vécussent pas ;réponse qui ne satisfait à rien , et qui pourtant est la seule rai-sonnable ; car comment expliquer ce qu’on ne comprend pas,si ce n’est eu disant : Dieu l’a voulu ainsi? Si les philosophesont quelque chose à se reprocher, c’est peut-être de ne pasdonner plus souvent cette solution aux questions qu’on leur fait ;ils n’en seraient pas plus ignorans, ni nous plus mal instruits;ils auraient de plus le mérite d’avouer au moins leur ignorance ,et nous celui de ne pas chercher en vain à sortir de la nôtre.Que de questions métaphysiques et théologiques , dont les sco-lastiques prétendent donner la solution , que le vrai philosophecherche encore et cherchera vraisemblablement toujours ; qued’objections dont il doit dire : Je sais bien la réponse quon faità cette difficulté, mais je ri y sais pas répondre.

.Vil. MORALE.

L’existence de l’Etre suprême étant une fois reconnue,nous conduit à chercher le culte que nous devons lui rendre. Maisquoique la philosophie nous instruise jusqu’à un certain pointsur ce graud objet, cependant les lumières qu’elle nous donnesont très-imparfaites. Le Créateur nous en a avertis lui-même,en nous prescrivant, par une révélation particulière, la manièredont il veut être honoré , et que tous les efforts de la raison n’au-raient pu nous faire découvrir. Ainsi la religion, qui n’est autrechose que le culte que nous devons à l’intelligence souveraine,ne doit point entrer dans des élémens de philosophie; la reli-gion naturelle ne doit même y paraître que pour nous avertirqu’elle ne suffit pas.

Mais ce qui appartient essentiellement et uniquement à laraison, et ce qui en conséquence est uniforme chez tous lesoeunles, ce sont les devoirs dont nous sommes tenus envers nos