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Tome premier.
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2i6 ÉLÉMENS

quelque reste d’humanité et de justice. Nous rie parlons ici quedes maux civils du luxe , de ceux qu’il peut produire dans lasociété; que sera-ce si on y joint les maux purement person-nels, les vices qu’il produit ou qu’il nourrit dans ceux qui s’ylivrent, en énervant leur âme, leur esprit et leur corps? Aussiplus l’amour de la patrie , le zèle pour sa défense , l’esprit degrandeur ît de liberté sont en honneur dans une nation , plusle luxe y est proscrit ou méprisé ; il est le fléau des républi-ques, et l’instrument du despotisme des tyrans.

Lne autre question qui tient à celles du nécessaire absolu etrelatif, est la question de l’usure, si agitée par les philosopheset les écrivains moraux. Il ne serait pas surprenant que sur cepoint, ainsi que sur beaucoup d’autres , les préceptes de la re-ligion allassent plus loin que ceux de la société ; mais , pourbien connaître ce que la religion ajoute à la morale en cettematière, il est du devoir du philosophe d’examiner les règlesque la ra'ison et l’équité purement naturelle nous prescrivent.En quoi consiste l’usure proprement dite ? Si ce qui est usuredans un cas peut ne pas l’être dans un autre , eu égard auxcirconstances et aux personnes ? Si l’aliénation du fonds estnécessaire pour pouvoir exiger l’intérêt de l’argent? Enfin, sil’intérêt composé, c’est-à-dire l’intérêt de l’intérêt, est en lui-même plus contraire à la morale que l’igtérêt simple? On pour-rait faire voir à celte occasion , et c’est une observation quenous croyons nouvelle et importante, que , si l’intérêt composéest plus onéreux au débiteur que l’intérêt simple , lorsque ledébiteur s’acquitte au-delà du temps par rapport auquel l’in-térêt est fixé, l’intérêt composé est au contraire favorable audébiteur lorsqu’il s’acquitte avant ce même temps ; vérité decalcul qu’un auteur de morale peut mettre aisément à la portéede tout le monde (i).

( 1 ) Pour rendre sensible h tous nos lecteurs cette observation, supposonsqu’un particulier prèle à un autre une somme d’argent à 3 pour T d’intérêtpar an , cette usure exorbitante ne peut sans doute jamais être permise enmorale ; mais l’exemple est choisi pour rendre te calcul plus facile. Il estclair qu’au commencement de la première année, c’èst-à-dirc tîans l’instantdu prêt, le debiteur devra simplement la somme prêtée I ; qu’au commen-cement de la deuxième année, il devra la somme 4j et que cette somme qdevant porter son intérêt à 3 pour 1 , il sera dû au commencement de la troi-sième année la somme 4 plus ta, ou rG; en sorte que les sommes i, 4, têdues au commencement de chaque année, c’est-à-dire à des intervalles égaux,formeront une proportion dans laquelle le troisième nombre contient le se-cond, comme celui-ci contient le premier. Or, par la même raison, si oncherche la somme due au milieu de la première année , on trouvera que cettesomme est a, parce que la somme due au milieu de la première année doitformer aussi une proportion semblable avec les sommes t et 4 ducs au corn-