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I)E PHILOSOPHIE.
particulière a une forme qui lui est propre; et sa forme est prin-cipalement déterminée par deux choses, par la nature des loisparticulières de chaque société, et par la nature de la puissancechargée de les faire observer. Cette puissance réside , ou dansle corps de l’Etat pris ensemble, ou dans une partie des ciloyens,ou dans un seul ; ce qui constitue les trois espèces de gouverne-mens, démocratique, aristocratique et monarchique. Le détaiLde ce qui convient aux uns et aux autres n’appartient point àdes élémens de morale : l’esquisse suivante offre les principauxpoints sur lesquels on doit s’arrêter.
D’un côté, les abus sont plus sujets à s’introduirè, et pli sdifficiles à guérir dans un grand que dans un petit Etat.; maisde l’autre, un grand État a plus de ressources en lui-mêmepour sa conservation et pour sa défense. C’est, donc une bellequestion de morale législative, que de savoir s’il est bon qu’il yait de grands États, et quel est pour chaque État le degré d’é-tendue et le genre de gouvernement le plus convenable, suivantle caractère des peuples?
Lorsque l’État eu corps n’est pas dépositaire des lois, le corpsparticulier ou le citoyen qui en est chargé n’en est absolumentque le dépositaire, et non le maître ; rien ne l’autorise à changerà son gré les lois. C’est en vertu d’une convention entre lesmembres que la société s’est formée ; et tout engagement a desliens réciproques. Telle est la morale de tous les rois justes. Ilrépugne en effet à la nature de l’esprit et du coeur humainqu’une multitude d’hommes ait dit sans condition à un seul ouà quelques uns : Commandez-nous , et nous vous obéirons.
Sans discuter les avantages réciproques du gouvernement ré-publicain et du monarchique, la morale établit seulement quela meilleure république est celle qui, par la stabilité des lois etl’uniformité du gouvernement, ressemble le mieux à une bonnemonarchie, et que la meilleure monarchie est celle oh le pou-voir n’est pas plus arbitraire que dans la république.
Les devoirs mutuels du gouvernement et des membres sontle fondement de la véritable liberté du citoyen, qu’on peutdéfinir la dépendance des devoirs, et non des hommes. Plus leprincipe du gouvernement s’éloigne de cet esprit de liberté, pli sl’Etat est voisin de sa ruine. Le despotisme porte en lui-mêmesa cause de destruction, parce qu’une troupe d’esclaves se lavebientôt de l’être, ou se laisse facilement subjuguer par les Étatsvoisins. Le tyrannicide est né du pouvoir arbitraire ; et lespeuples que la religion n’a pas éclairés ont. honoré ce crimecomme une vertu; mais la religion apprend aux chrétiens àregarder cette vie comme uu état de souffrance, et à laisser à