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Tome premier.
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234 ÉLÊMENS

raie du philosophe termine en même temps la partie de la phi-losophie qui doit nous inle'resser le plus, et qui contient l’art deraisonner, la connaissance de l’Être suprême, celle de nous-mêmes et de nos devoirs.

Nous sera-t-il permis de conclure ces e'iémens de morale parun souhait que l’amour du bien public nous inspire , et dont ilserait à désirer qu’un citoyen philosophe jugeât l’exécution dignede lui? Ce serait celle d’un catéchisme de morale à l’usage et àla portée des enfans. Peut-être n’y aurait-il pas de moyen plusefficace de multiplier dans la société les hommes vertueux; onapprendrait de bonne heure à l’être par principes ; et l’on saitquelle est sur notre âme la force des vérités qu’on y a gravéesdès l’enfance. Il ne s’agirait point dans cet ouvrage de raffiner etde discourir sur les notions qui servent de base à la morale ; onen trouverait les maximes dans le coeur même des enfans, dansce cœur oh les passions et l’intérêt n’ont point encore obscurcila lumière naturelle. C’est peut-être à cet âge que le sentimentdu juste et de l’injuste est le plus vif; et quel avantage n’yaurait-il pas à le développer et à l’exercer de bonne heure ? Maisun catéchisme de morale ne devrait passe borner à nous instruirede ce que nous devons aux autres. Il devrait insister aussi sur ceque nous nous devons à nous-mêmes; nous inspirer les règles deconduite qui peuvent contribuer à nous rendre heureux ; nousapprendre à aimer nos semblables et à les craindre, à mériterleur estime et à nous consoler de ne la pas obtenir, enfin à trouveren nous la récompense des sentimens honnêtes et des actionsvertueuses. Un des points les plus importons, et en même tempsles plus difficiles de l’éducation, est de faire connaître aux en-fans jusqu’à quel degré ils doivent être sensibles à l’opinion deshommes ; trop d’indifférence peut en faire des scélérats ; tropde sensibilité peut en faire des malheureux.

XIII. G R A M M A I R F.

Avavt que de finir la première partie de cet essai, qui ren-ferme les sciences les plus nécessaires à l’homme , la logique , lamétaphysique et la morale , nous ne devons pas omettre uneréflexion très-importante. Quoique nous ayons séparé ces diffé-rentes sciences , pour les envisager chacune plus particulière-ment , eu égard à la nature et à la différence de leur objet ,elles sont cependant plus unies entre elles et ont plus d’influenceréciproque qu’on ne s’imagine; et par cette raison l’ordre le plusphilosophique qu’on puisse suivre pour les bien traiter, est peut-être moins de les traiter séparément. aue de les faire marcher

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