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pourraient pre’senter à cet égard des difficultés peut-être insur-montables; je mets principalement de ce nombre certaines pré-positions, comme à, de, et quelques autres, dont les acceptionssont si multipliées et si différentes, qu’il paraît presque impos-sible de les déduire toutes d’une même acception commune.En ce cas, le parti qu’il y aurait à prendre, serait de ne points’opiniâtrer sur ces mots, de remarquer seulement parmi leursdifférentes acceptions , celles dont on pourrait assigner la filiationet l’analogie, et de renoncer à chercher le rapport des autres ense contentant d’en indiquer la signification. Il s’en faut beaucoupque le caprice de l’usage ait autant présidé à la formation deslangues que la multitude l’imagine; mais il ne faut pas croirenon plus qu’il n’ait eu aucune influence sur cette formation. Letravail du philosophe est de démêler cette influence réelle decelle qui n’est qu’apparente, de faire disparaître celle-ci, et demarquer en même temps les traits qui restent de la première.
§ X. Eclaircissement sur Vinversion, et à cette occasion sur cequ’on appelle le génie des langues , page 238.
ToiJTd iscours est composé de mots ; chacun de ces mots exprimeune idee ; l’ordre naturel des mots dans le discours est donc celuique les idées doivent avoir dans l’énonciation. Lorsque l’ordredes mots ne sera pas conforme à celui suivant lequel les idéesdoivent être énoncées , il y aura pour lors dans le discours cequ’on appelle inversion , c’est-à-dire renversement.
Pour déterminer donc en quoi l 'inversion consiste, et si ellese trouve ou non dans le discours, la question se réduit à celle-ci :quel est l’ordre suivant lequel les idées doivent être énoncées ?
D’abord il est évident que si on ne prend pas les idées uneà une, mais plusieurs à la fois, et, pour ainsi dire, parniasses séparées et distinctes, ces idées, ou plutôt ces massesd’idées, doivent garder entre elles un ordre que l’esprit le pluscommun aperçoit aisément : Dieu est souverainement parfait ;donc Dieu est bon ; tout le monde voit que la masse d’idées ren-fermée dans cette phrase, Dieu est bon, doit être placée après lamasse d’idées renfermée dans la phrase, Dieu est touverainementparfait ; parce que la seconde de ces phrases exprime la consé-quence de la première , et que dans l’énonciation , le principedoitetre présenté avant la conséquence. De même quand on ra-conte des faits, ceux qui ont précédé doivent être énoncés avantceux qui ont suivi, les faits généraux avant les exceptions, lesfaits qui doivent servir de preuve à un raisonnement, avant lesvaisonuemens qu’on doit établir sur ces faits, et ainsi du reste.