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Tome premier.
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DE PHILOSOPHIE. a4g

mière paraît préférable , parce qu’elle présente les idées à ceuxà qui l’on parle dans l’arrangement le plus propre à les éclairersur la vérité ou la fausseté du jugement que l’on porte. Cepen-dant l’autre manière de s’énoncer peut avoir aussi son avantage,en ce qu’elle offre aux autres le travail tout fait, et n’en exigeaucun de leur part. La première manière ressemble en quelquesorte à la méthode analytique des logiciens et des géomètres ,propre à faire trouver les vérités, et à mettre les autres sur lavoie de les découvrir eux-mêmes; la seconde ressemble à la mé-thode synthétique, principalement destinée à exposer les décou-vertes , quand elles sont faites, et qu’on veut se borner à eninstruire les autres.

On voit donc qu’en supposant même l’idée de Dieu présentéela première , on peut également placer après celle-là l’une oul’autre des deux idées qui y sont jointes ; sans qu’on puisse direqu’il y ait inversion ni dans l’un ni dans l’autre de ces deux ar-rangemens. La disposition de certains mots entre eux, parexemple du verbe et de l’adjectif, est donc en elle-même pure-ment arbitraire , à envisager la chose métaphysiquement et an-térieurement à toute construction.

Revenons maintenant sur la supposition que nous avons faite,que l’idée de Dieu devait être placée la première ; et examinonssi cette supposition est légitime. Il s’agit dans le jugement qu’onveut porter, de comparer l’idée de Dieu avec l’idée de bonté ;or, quand on compare deux idées, il semble qu’il n’y a point deraison pour préférer l’une à l’autre quant à l’ordre de priorité ;comme il n’y en a point quand on compare et qu’on rapprochedeux pieds d’étendue , pour placer l’un au-dessus ou au-dessousde l’autre par préférence. 11 paraît donc indifférent, au moinsen envisageant la chose sous ce premier point de vue , de placerl’idée de bonté avant celle de Dieu , ou celle de Dieu avant cellede bonté ; et comme on a déjà observé qu’il était indifférent deplacer entre ces deux idées, ou à leur suite , celle qui en exprimela liaison , il s’ensuit que si l’on s’en tenait à cette première con-sidération , on aurait quatre manières , toutes également bonnes,et sans inversion , d’exprimer le même jugement,

Dieu, bonté, être,

Dieu , être, bonté ;

Bonté, Dieu, être',

Bonté, être, Dieu.

Ainsi des six arrangemens dont les mots Dieu , être, bonté,sont susceptibles , il n’y aurait d’exclus, comme renfermant unevéritable inversion, que les deux arrangemens suivans,