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Tome premier.
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DE PHILOSOPHIE. 3i5

très-petite? On se jette alors dans une autre difficulté. Car suivant1’hypotlièse généralement admise par les philosophes, l’action dela pesanteur est continue, et tend à chaque instant à imprimerau corps la même vitesse qu’au premier instant ; ainsi cette vi-tesse , si elle était finie au premier instant, serait infinie au boutd’un temps fini, ce qui estconlraire aux observations. Voilà doncun problème que nous laissons à résoudre aux mécaniciens phi-losophes.

§ XYI. Eclaircissement sur l’espace et sur le temps , page 3oi.

Les philosophes demandent si l’espace a une existence indé-pendante de la matière , et le temps une existence indépendantedes êtres existans; y aurait-il un espace s’il n’y avait point decorps, et une durée s’il n’y avait rien ? Ces questions viennent,ce me semble, de ce qu’on suppose à l’espace et au temps plusde réalité qu’ils n’en ont.

Et premièrement, quant à l’espace, supposons trois corps con-tigus qui se touchent immédiatement : imaginons pour un mo-ment que celui du milieu soit ôté, il restera entre les deux corpsextrêmes un espace dont l’étendue serà égale à celle qu’occupaitle corps du milieu; cet espace a bien évidemment une existenceindépendante de celle de ce troisième corps, puisqu’il existeégalement, soit que ce troisième corps soit mis entre les deuxcorps extrêmes , ou qu’il en soit ôté; avec cette différence quedans le premier cas l’espace est impénétrable , c’est-à-dire qu’onne peut y placer un nouveau corps , et que dans le second onpeut y placer un corps dont l’étendue soit égale à celle de cetespace. D’un autre coté , quand le troisième corps est placéentre les deux autres, les deux espaces dont on vient de parler,l’un pénétrable , l’autre impénétrable, n’en font plus qu’un : lepremier est donc anéanti ; car on ne peut pas dire qne ce soit lesecond, puisque cet espace impénétrable appartient au troisièmecorps placé entre les deux autres, et que ce troisième corps existeévidemment. Otons à présent ce troisième corps , en laissant lesdeux autres à leur place; l’espace pénétrable, auparavant anéanti,renaîtra tout à coup et sera comme créé de nouveau. Or celtesuccession d’anéantissement et de création, qu’on peut multi-plier tant qu’on voudra , est une chose absurde, si on supposeque l’espace soit un être réel, une substance, en un mot autrechose , si je puis parler de la sorte , qu’une simple capacité,propre à recevoir l’étendue impénétrable. Les enfans qui disentque le vide n’est rien ont raison , parce qu’ils s’en tiennent aux’