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Tome premier.
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34 ÉLÉMENS

de celles en vertu desquelles un corps paraît se mouvoir sans au-cune cause d’impulsion. Telles sont, par exemple, les lois de lapesanteur, supposé, comme bien des philosophes le croient au-jourd’hui , que ces lois n’aient pas l’impulsion pour cause. Danscette supposition il est évident que les lois dont il s’agit ne pour-raient être en aucun sens de vérité nécessaire; que la chute descorps pesans serait la suite d’une volonté immédiate et particu-lière du Créateur; et que sans cette volonté expresse, un corpsplacé en l’air y resterait en repos. La multitude , il est vrai,accoutumée à voir tomber un corps dès qu’il n’est pas soutenu ,croit que cette seule raison suffit pour obliger le corps à descen-dre. Mais il est facile de détruire ce préjugé par une réflexionbien simple. Supposons un corps placé sur une table horizon-tale; pourquoi ne se meut-il pas horizontalement le long de latable, puisque rien ne l’en empêche? Pourquoi ne se meut-ilpas de bas en haut, puisque rien ne s’oppose à son mouvementen ce sens? Pourquoi enfin se meut-il de haut en bas préfé-rablement à toute autre direction, puisque par lui-même il estévidemment indifférent à se mouvoir dans un sens plutôt quedans un autre? Ce n’est donc pas sans raison que les philosophess’étonnent de voir tomber une pierre ; et ce phénomène si com-mun est en effet un des plus surprenans que nous présente lanature.

La manière dont agit cette force inconnue, qui fait tomberles corps vers la terre, n’est guère plus facile à concevoir quela force même. Tous les philosophes paraissent convenir que lavitesse avec laquelle les corps qui tombent commencent à semouvoir, est absolument nulle ; pourquoi donc quand on sou-tient un corps pesant qui tend à tomber, éprouve-t-nn une ré-sistance qu’on n’éprouve point dans tout autre sens que le sensvertical? On dira peut-être que dans les instans qui suivent lepremier, la vitesse avec laquelle le corps tend à descendre,augmentera etdeviendra finie, au lieu que dans tout autre senselle demeure toujours nulle , le corps n’ayant aucune tendanceà se mouvoir que dans le seul sens vertical. On peut, je le veux,expliquer parla pourquoi un corps pesant qu’on soutient, tom-bera si on l’abandonne à lui-même : mais on n’explique pasencore une fois pourquoi on ne peut le soutenir sans effort. Cariavitesse finie que le corps doit acquérir dans les instans qui sui-vront le premier moment de la chute , n’existe pas encore en cepremier moment, qui est celui où l’on soutient le corps ; elle nepeut donc produire aucune résistance à vaincre. Dira-t-on que lavitesse avec laquelle les corps pesans tendent à descendre aupremier instant, n’est pas absolument nulle f mais seulement