372 SUR LE SYSTÈME
newtonien, qui est la base de tontes mes recherches. J’ai exposéailleurs ce qu’il me semble qu’on doit penser de ce système ,des applications qu’on en a faites , et de l’extension plus oumoins grande qu’on lui a donnée. A ces réflexions , auxquellesje renvoie le lecteur, j’ajouterai les suivantes.
Les observations astronomiques démontrent que les planètesse meuvent, ou dans le vide, ou au moins dans un milieu fortrare, ou enfin, comme l’ont prétendu quelques philosophes, dansun milieu fort dense qui ne résiste pas, ce qui serait néanmoinsplus difficile à concevoir que l’attraction même; mais quelqueparti qu’on prenne sur la matière du milieu dans lequel les pla-nètes se meuvent, la loi de Képler démontre au moins qu’ellestendent vers le soleil ; ainsi la gravitation des planètes vers lesoleil, quelle qu’en soit la cause , est un fait qu’on doit regardercomme démontré, ou rien ne l’est en physique.
La gravitation des planètes secondaires ou satellites vers leursplanètes principales , est un second fait évident et démontré parles mêmes raisons et par les mêmes faits.
Les preuves de la gravitation des planètes principales versleurs satellites ne;sont pas en aussi grand nombre, mais ellessuffisent cependant pour nous faire reconnaître cette gravitation.Les phénomènes du flux et reflux de la mer , et surtout lathéorie de la nutation de l’axe de la terre et de la précession deséquinoxes , si bien d’accord avec les observations, prouvent in-vinciblement que la terre tend vers la lune. Nous n’avons pas desemblables preuves pour les satellites. Mais l’analogie seule nesuffit-elle pas pour nous faire conclure que l’action entre lesplanètes et leurs satellites est réciproque? Je n’ignore pas l’abusque l’on peut faire de cette manière de raisonner pour tirer enphysique des conclusions trop générales ; mais il me semble ,ou qu’il faut absolument renoncer à l’analogie , ou que toutconcourt ici pour nous engager à en faire usage.
Si l’action est réciproque entre chaque planète et ses satellites,qlle ne paraît pas l’être moins entre les planètes premières. In-dépendamment des raisons tirées de l’analogie , qui ont à lavérité moins de force ici que dans le cas précédent, mais quipourtant en ont encore, d est certain que Saturne éprouve dansson mouvement des variations sensibles , et il est fort vraisem-blable que Jupiter est la principale cause de ces variations. Letemps seul , il est vrai , pourra nous éclairer pleinement sur cepoint, les géomètres et les astronomes n’ayant encore, ni desobservations assez complètes sur les mouveraens de Saturne , niune théorie assez exacte des dérangemens que Jupiter lui cause-Mais il y a beaucoup d’apparence que Jupiter, qui est sans com-