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Tome premier.
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Dü MONDE. 381

dent. Je fais voir d’abord qu’il reste encore très-douteux, malgréquelques observations alléguées pour établir le contraire, quel’action de la lune dérange sensiblement la terre dans son orbite.D’où il résulte que l’équation en longitude que j’ai tirée del’action de la lune sur la terre, et que j’ai trouvée de 11 ", pour-rait bien être trop grande, puisqu’il serait difficile que cetteéquation eût entièrement échappé aux observateurs. Il en estde même , selon toute apparence, de l’équation de i3" que j’aitrouvée pour la variation apparente du soleil en latitude, pro-duite par l’action de la lune sur la terre ; mais l’erreur, s’il y ena, vient uniquement de l’incertitude des deux élémens princi-paux d’où dépend cette équation, savoir la masse de la lune etla parallaxe du soleil , et nullement, comme on l’a prétendudans le Journal desSavans , de ce que j’ai négligé dans le calculdes forces essentielles : c’est ce que je démontre de nouveau plusen détail ; mais je remarque en même temps que par l’inexac-titude nécessaire des observations , et la nature des circonstancesdans lesquelles la variation de la latitude peut être observée,cette variation doit paraître en effet beaucoup plus petite que lecalcul ne la donne. A ces recherches j’en ajoute quelques autressur les dérangemens que peut produire dans le mouvement dela terre et dans celui de la lune , la figure non sphérique de cesdeux planètes, et je démontre que ces dérangemens doiventêtre absolument insensibles.

Je viens présentement au second objet de mon ouvrage. Ilparaîtra peut-être surprenant qu’après tout ce qui a été faitdepuis vingt ans en France, et principalement dans l’Académie,sur la figure de la terre, après les théories subtiles et profondesqu’on en a données , après les savantes opérations entreprisespour la connaître, j’aie cru pouvoir encore m’en occuper. Lessavans et les philosophes même sont presque fatigués de lire etd’écrire sur ce sujet; n’ai-je point à craindre de les intéressertrès-faiblement en y revenant de nouveau , surtout si mon butprincipal est de montrer qu’après tant de travaux immenses,honorables pour ceux qui les ont entrepris , et propres en appa-rence à épuiser la matière, elle est aujourd’hui plus embrouilléeque jamais?Heureusement l’espèce de lecteurs à qui cet ouvrageest destiné , s’intéresse sincèrement à tout ce qui contribue réel-îementau progrès des sciences, même en paraissant le suspendre ;c est aussi uniquement à cette espèce de lecteurs que je vais par-ler. Je commence par quelques réflexions générales.

Le génie des philosophes, en cela peu différent de celui des-autres hommes , les porte à ne chercher d’abord ni uniformité ,m loi dans les phénomènes qu’ils observent ; commencent-ils à'• a5