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Tome premier.
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DU MONDE. 385

moins souvent ignorés avant que l’observation les découvre.Quoi qu’il en soit , on conclut de la diminution observée de lapesanteur à l’équateur, que la terre devait être aplatie , c’est-à-dire plus élevée à l’équateur qu’aux pôles ; mais cette consé-quence supposait que la terre eût été primitivement fluide, etqu’en se durcissant elle eût conservé sa première figure. Or celtehypothèse n’étant pas démontrée, la conséquence qu’on entirait avait besoin, pour être mise hors d’atteinte , d’être vérifiéepar l’observation : on n’en trouva point de plus directe que cellede la mesure des degrés, qui .devaient aller en diminuant dupôle vers l’équateur si la terre était un sphéroïde aplati. La me-sure des degrés dans l’étendue de la France contredit d’abordcette conclusion, elle donnait les degrés plus petits à mesurequ’on approchait du pôle; mais comme la différence entre lesdegrés voisins était assez peu considérable pour pouvoir être at-tribuée aux observations, on résolut, pour éviter cette sourced’erreur, de mesurer les degrés les plus éloignés qu’il seraitpossible , l’un sous l’équateur, l’autre en Laponie ; ce dernierdegré s’est trouvé en effet plus grand que le degré moyen deFrance, et celui-ci plus grand que le degré sous l’équateur;ainsi la terre est redevenue aplatie comme la théorie l’avait d’a-bord fait juger. Il fallait de plus, par cette théorie, que le mé-ridien fut une ellipse dont les axes différassent de -jri dans cettesupposition , les trois degrés du sud , de France et du nord, de-vaient avoir une certaine proportion, dont en effet ils ne s’éloi-gnaient pas beaucoup. De plus, la différence des axes supposéede demandait que les longueurs du pendule à ces trois la-titudes eussent un rapport, et ce rapport s’éloignait assez decelui que la théorie donnait. Ainsi d’un côté l’observation desdegrés était assez favorable à la théorie, de l’autre celle dupendule y paraissait assez contraire. On prétendit d’ailleurs quePicard s’était trompé non-seulement sur l’amplitude de son arc,mais encore sur la mesure de la base qui lui avait donné le degréde France , et en conséquence on crut devoir raccourcir de lot)toises le degré qu’on venait de fixer à 57183, on le mit à 57074;nouvel échec pour la théorie , qui alors semblait démentie parla mesure même des degrés. On avait mesuré à peu près vers lemême temps un degré de longitude à 43° 3a' de latitude ; cedegré , qui s’accordait assez bien avec la figure de la terre ré-sultante des trois premiers degrés, ne s’accordait plus avec lenouveau degré de France, non plus que les deux degrés duPérou et de Laponie. On chercha cependant à faire cadrer deson mieux ces quatre degrés les uns avec les autres, en donnantau méridien une forme qui s’y ajustât, mais ce méridien u’a-