384 SUR LE SYSTÈME
vait plus la figure elliptique, la seule que la théorie lui eût fait
trouver jusqu’alors.
A peine cette première difficulté fut-elle vaincue , ou plutôtpalliée , qu’il s’en présenta de nouvelles. Le degré mesuré aucap de Bonne-Espérance par 33 ° i8' de latitude australe , setrouva de 57037 toises , c’est-à-dire presque égal au nouveaudegré de France, et par conséquent beaucoup plus grand qu’iln’aurait dû être par rapport à ce degré. Cette mesure étant sup-posée j uste , il s’ensuivait que les deux hémisphères de la terren’étaient pas semblables, mais du moins on pouvait encore seflatter que tous les méridiens étaient les mêmes , quoique com-posés de parties inégales des deux côtés de l’équateur : cette hy-pothèse n’avait point encore été ébranlée : elle vient de l’être parla longueur du degré mesuré en Italie, sous un autre méridienque celui de France. Cette longueur diffère de 70 toises de cequ’elle aurait dû être, si le méridien d’Italie était semblable aunôtre. De plus, ce degré ne s’accorde nullement avec l’hypo-thèse elliptique, même en supposant les méridiens semblables.11 ne manque plus rien , comme l’on voit, pour rendre la ques-tion de la figure de la terre aussi obscure que le pyrrhonismepeut le désirer.
Les doutes qu’on pouvait se former sur la figure elliptique desméridiens m’avaient déjà frappé dans le temps que je publiai lesdeux premières parties de ces Recherches ; et ce fut en consé-quence que j’indiquai à la fin de la seconde de ces deux parties,une méthode générale pour trouver la figure de la terre par lamesure des degrés, sans s’appuyer sur aucune théorie; j’y joi-gnis une méthode pour déterminer par la théorie celte mêmefigure , en 11e regardant plus le méridien comme une ellipse ,méthode que lesgéomètres semblaient désirer depuis long-temps.J’étais alors très-porté à penser que les méridiens de la terreétaient semblables, et je crois encore que cette hypothèse 11e doitpas être proscrite sans des raisons démonstratives. Cependant,pour ne rien me dissimuler à moi-même , il m’a paru qu’il étaità propos d’examiner en toute rigueur les suppositions sur les-quelles la mesure du degré est fondée; ces suppositions sont enpremier lieu que le plan du méridien, celui dans lequel le soleilse trouve à midi, passe par l’axe même de la terre , et par con-séquent par son centre ; en second lien , que la ligne du zénithest perpendiculaire à la surface de la terre, ou , ce qui revientau même , à l’horizon du lieu oii l’on observe , c’est-à-dire auplan qui toucherait la surface de la terre en ce lieu. Or je trouve,par des raisons dont je renvoie le détail à mon ouvrage, qu’il estpresque impossible de s’assurer démonstrativement par. l’obscr-