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Tome premier.
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DE L’ÉQUILIBRE. 4oi

peu à peu par quelque cause que ce puisse être, dans tous cescas , l’effet produit par le corps est différent, mais le corps con-sidéré en lui-même n’a rien de plus dans un cas que dans unautre; seulement l’action de la cause qui produit l’effet, est dif-féremment appliquée. Dans le premier cas, l’effet se réduit àune simple tendance qui n’a point proprement de mesure pré-cise, puisqu’il n’en résulte aucun mouvement; dans le second,l’effet est l’espace parcouru uniformément dans un temps donné,et cet effet est proportionnel à la vitesse ; dans le troisième,l’effet est l’espace parcouru jusqu’à l’extinction totale du mou-vement , et cet effet est comme le carré de la vitesse. Or cesdifférens effets sont évidemment produits par une même cause ;donc ceux qui ont dit que la force était tantôt comme la vitesse,tantôt comme son carré , n’ont pu entendre parler que de l’effet,quand ils se sont exprimés de la sorte. Cette diversité d’effetsprovenant tous d’une même cause , peut servir, pour le dire enpassant, à faire voir le peu de justesse et de précision de l’axiomeprétendu , si souvent mis en usage, sur la proportionnalité descauses à leurs effets.

Enfin ceux même qui ne seraient pas en état de remonterjusqu’aux principes métaphysiques de la question des forcesvives, verront aisément qu’elle n’est qu’une dispute de mots , s’ilsconsidèrent que les deux partis sont d’ailleurs entièrement d’ac-cord sur les principes fondamentaux de l’équilibre et du mou-vement. Qu’on propose le même problème de mécanique à ré-soudre à deux géomètres , dont l’un soit adversaire et l’autrepartisan des forces vives, leurs solutions, si elles sont bonnes ,seront toujours parfaitement d’accord; la question de la mesuredes forces est donc entièrement inutile à la mécanique, et mêmesans aucun objet réel. Aussi n’aurait-elle pas sans doute en-fanté tant de volumes, si on se fût attaché à distinguer cequ’elle renfermait de clair et d’obscur. En s’y prenant ainsi,on n’aurait eu besoin que de quelques lignes pour décider laquestion; mais il semble que la plupart de ceux qui ont traitécette matière, aient craint de la traiter en peu de mots.

La réduction que nous avons faite de toutes les lois de la mé-canique à trois, celle de la force d’inertie, celle du mouve-ment composé et celle de l’équilibre, peut servir à résoudrele grand problème métaphysique , proposé depuis peu par unedes plus célèbres académies de l’Europe, si les lois de la sta-tique et de la mécanique sont de vérité nécessaire ou contin-gente? Pour fixer'nos idées sur cette question , il faut d’abordla réduire au seul sens raisonnable qu’elle puisse avoir. Il nes agit pas de décider si l’auteur de la nature aurait pu lui