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Tome premier.
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DES FLUIDES. 4>7

déterminé, par une méthode semblable, Ja résistance qu’un corpssolide éprouve , soit dans un fluide élastique , soit dans unfluide dont les parties sont adhérentes entre elles.

Enfin pour ne rien omettre de ce qui pouvait rendre mathéorie plus intéressante et plus générale , j’ai cru devoir exposeraussi la méthode de Newton. Cette méthode consiste , commel’on sait, à supposer qu’au lieu que le corps vient frapper lefluidp , ce soit au contraire le fluide qui frappe le corps , et àdéterminer par ce moyen le rapport de l’action d’un fluide surune surface courbe, à son action sur une surface plane. La dif-cullé principale est d’évaluer exactement l’action d’un fluidecontre un plan. Aus'si les plus grands géomètres ne sont-ils pointd’accord là-dessus. Cette action vient en grandepartie de l’ac-célération du fluide , qui, obligé de se détourner à la rencontredu plan, et de couler dans un canal plus étroit, doit nécessai-rement y couler plus vile , et par ce moyen presser le plan.Mais on ignore jusqu’à quelle distance le fluide peut s’accélérerdes deux côtés du plan , et par conséquent la quantité exacte dela pression qu’il exerce. C’est là , ce me semble , le nœudprincipal de la question , et la cause du partage qu’il y a entreles géomètres, touchant la valeur absolue de la résistance.

"Voilà ce que j’avais à dire ici sur les principes généraux dela mécanique des fluides , qui font le sujet de la plus grandepartie de ce traité. Le reste de l’ouvrage est destiné à l’examendes différens points de la théorie des fluides, qui n’ont peut-êtrepas été approfondis jusqu’ici avec assez de soin. Telle est enpremier lieu la théorie de la réfraction. Tout le inonde saitqu’un corps solide qui passe d’un fluide dans un autre, ne con-tinue pas son chemin en ligne droite , mais qu’il s’écarte de sapremière route pour décrire une autre ligne, plus ou moinsinclinée que la première, à la surface du nouveau milieu danslequel il est entré. C’est ce qu’on remarque en particulier dansles rayons de lumière, qui se brisent en passant de l’air dans leverre ou dans tel autre corps transparent que ce soit. Ce phéno-mène , connu d’abord par l’expérience , a beaucoup exercé lasagacité des philosophes. Il paraissait naturel de faire dépendrela réfraction de la lumière des mêmes principes que la réfrac-tion des corps solides qui traversent un fluide. C’est aussi le partiqu’avait pris Descartes, suivi en cela par un grand nombre dephysiciens. Quelques raisonnemens vagues et dénués de précisionque Descartes avait faits , pour prouver que les principaux phé-nomènes de la réfraction de la lumière s’expliquaient parfai-tement dans ses principes , ont paru et paraissent encore àquelques philosophes des démonstrations exactes et complètes»