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Tome premier.
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4ï6 SUR LE MOUVEMENT

les forces motrices qui le poussent, etc. Encore quand chacunede ces choses serait parfaitement connue , la grande multi-tude d’élémens qui entreraient dans une pareille théorie nousconduirait vraisemblablement à des calculs impraticables. C’esten effet ici un des cas les plus composés d’un problème dont lecas le plus simple est fort difficile à résoudre. Lorsque les effetsde la nature sont trop compliqués et trop peu connus pourpouvoir être soumis à nos calculs, l’expérience, comme nousl’avons déjà dit, est le seul guide qui nous reste : nous nepouvons nous appuyer que sur des inductions déduites d’ungrand nombre de faits. Voilà le plan que nous devons suivredans l’examen d’une machine aussi composée que le corps hu-main. Il n’appartient qu’à des physiciens oisifs de s’imaginerqu’à force d’algèbre et d’hypothèses ils viendront à bout d’endévoiler les ressorts, et de réduire en calcul l’art de guérir leshommes.

Après avoir déterminé par les méthodes les plus exactes qu’ilnous a été possible les lois du mouvement des fluides, il nenous reste plus qu’à examiner leur action sur les corps solidesqui y sont plongés et qui s’y meuvent. Rien n’est plus difficileque de donner là-dessus des règles précises et exactes : car non-seulement on ignore la figure des parties du fluide et leur dis-position par rapport au corps qui les frappe, on ignore aussijusqu’à quelle distance le corps agit sur le fluide, et quelleroute les particules prennent lorsqu’elles ont été mises en mou-vement par ce corps. Tout ce que l’expérience nous apprend ,c’est que les particules du fluide, après avoir été poussées, sereplient ensuite derrière le corps pour venir occuper l’espacequ’il laisse vide par derrière.

Voici donc le plan que j’ai cru devoir suivre dans une re-cherche de la nature de celle-ci. J’ai déterminé d’abord le mou-vement qu’un corps solide doit communiquer à une infinité depetites boules dont on suppose qu’il est couvert : j’ai fait voirensuite que le mouvement perdu par ce corps dans un instantI donné était le même , soit qu’il choquât à la fois un certain

nombre de couches de ces petites boules , soit qu’il ne les cho-quât que successivement ; que de plus , la résistance serait lamême quand les petits corpuscules seraient de toute autre figureque la sphérique , et disposés de quelque manière que ce fût,pourvu que la masse totale de ces petits corps contenus dans unespace donné , fût supposée la même que quand ils étaient depetites boules. Par ce moyen je suis arrivé à des formulesgénérales sur leur résistance, dans lesquelles il n’entre que lerapport des densités du fluide et du corps qui s’y meut. J’ai

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