423 SUR LA CAUSE
que la masse d’air occidentale sur laquelle le soleil n’a pointencore passé ; elle doit donc , en se dilatant, pousser vers l’oc-cident l’air qui la précède , et produire par ce moyen un ventcontiuuel d’orient en occident sous la zone torride. J’avoueque la différente chaleur que le soleil répand dans les partiesde l’atmosphère , doit y exciter des mouvemens : je veux bienmême accorder qu’il en résulte un vent général qui souffle tou-jours dans le même sens , quoique la preuve qu’on en donnene me paraisse pas assez évidente pour porter dans l’esprit unelumière parfaite. Mais si on se propose de déterminer la vi-tesse de ce vent général , et sa direction dans chaque endroitde la terre , on verra facilement qu’un pareil problème ne peutêtre résolu que par un calcul exact. Or les principes nécessairespour ce calcul nous manquent entièrement, puisque nous igno-rons et la loi suivant laquelle la chaleur agit , et la dilatationqu’elle produit dans les parties de l’air. Cette dernière raisonest plus que suffisante pour nous déterminer à faire ici abstrac-tion de la chaleur solaire ; car comme il n’est pas possible decalculer avec quelque exactitude les mouvemens qu’elle peutoccasioner dans l’atmosphère, il faut nécessairement reconnaîtreque la théorie des vents n’est presque susceptible d’aucun degréde perfection de ce côté-là.
Si nous ne pouvons soumettre a*i calcul les vents que la chaleurdu soleil fait naître, quoique réguliers et constans en eux-mêmes,à plus forte raison ne devons-nous point entreprendre de cher-cher quels dérangemens peuvent exciter dans l’air les variationsaccidentelles du chaud et du froid , produites , ou par l’élé-vation des vapeurs et des nuages , ou par d’autres causes in-connues , qui n’ont aucune loi certaine. A l’égard des irrégu-larités des vents, occasionées par les montagnes , et par lesautres éminenpes qui se rencontrent sur la surface de la terre ,on ne saurait disconvenir que ces irrégularités ne suivissentun ordre constant , si les vents n’étaient d’ailleurs produits quepar une cause périodique et uniforme. Mais quand on fera atten-tion , soit aux calculs impraticables dans lesquels une pareilleconsidération doit jeter , soit au peu que l’on connaît de la sur-face du globe terrestre , en un mot, comme s’expriment les géo-mètres , au peu de données que l’on a pour résoudre un tel pro-blème , on reconnaîtra sans peine que les recherches les plusprofondes sur cette matière doivent aboutir tout au plus à desrésultats fort vagues et fort imparfaits. Par conséquent l’objetle plus étendu , et peut-être le seul qu’on puisse espérer deremplir, c’est de déterminer les mouvemens de l’air , dansl’hypothèse que la surface du globe soit entièrement régulière ,