DES VENTS. 4?.3
et qr.e l’agitation de l’atmosphère provienne de l’attraction seulede la lune et du soleil.
J’avoue qu’après avoir résolu ce problème , on sera encore bienéloigné de connaître d’une manière certaine le cours et les loisdes vents. Mais la plupart des questions physico-mathématiquessont si compliquées , qu’il est nécessaire de les envisager d’abordd’une manière générale et abstraite , pour s’élever ensuite pardegrés des cas simples aux composés. Si on a fait jusqu’iciquelques progrès dans l’étude de la nature , c’est à l’observa-tion constante de cette méthode qu’on en est redevable. Unethéorie complète sur la matière que nous traitons , est peut-être l’ouvrage de plusieurs siècles ; et la question dont il s’agitest le premier pas que l’on doive faire pour y parvenir. Denouvelles connaissances nous mettront en état d’en faire donouveaux. Tâchons donc d’ouvrir, autant qu’il sera en nous ,l’entrée d’une route peu frayée jusqu’ici, et que nous ne de-vons pas espérer de voir sitôt aplanie entièrement.
Pour embrasser à la fois le moins de difficultés qu’il est pos-sible, imaginons d’abord que le soleil et la lune soient l’un etl’autre sans mouvement , et que la terre soit un globe solide enrepos , couvert jusqu’à telle hauteur qu’on voudra d’un fluidehomogène , rare et sans ressort, dont la surface soit sphérique ;supposons , de plus , que les parties de ce fluide pèsent vers lecentre du globe , tandis qu’elles sont attirées par le soleil et parla lune ; il est certain que si toutes les parties du fluide et duglobe qu’il couvre , étaient attirées avec une force égale et sui-vant des directions parallèles , l’action des deux astres n’auraitd’autre effet que de mouvoir ou de déplacer toute la masse duglobe et du fluide , sans causer d’ailleurs aucun dérangementdans la situation respective de leurs parties. Mais , suivant leslois de l’attraction , les parties de l’hémisphère supérieur, c’est-à-dire de celui qui est le plus près de l’astre , sont attirées avecplus de force que le centre du globe ; et au contraire les partiesde l’hémisphère inférieur sont attirées avec moins de force : d’oùil s’ensuit que le centre du globe étant mû par l’action du soleilou de la lune , le fluide qui couvre l’hémisphère supérieur , et(jui est attiré plus fortement, doit tendre à se mouvoir plus vite( {ue le centre, et par conséquent s’élever avec une force égalea l’excès de la force qui l’attire sur celle qui attire le centre;au contraire , le fluide de l’hémisphère inférieur étant moinsattiré que le centre du globe , doit se mouvoir moins vite ; ildoit donc fuir le centre , pour ainsi dire , et s’en éloigner avecnne force à peu près égale à celle de l’hémisphère supérieur.■Ainsi le fluide s’élèvera aux deux points opposés qui sont dans